[scald=84317:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le fondateur de la société Poly Implant Prothèse (PIP), au centre d'un scandale d'implants mammaires non

conformes, s'en est pris violemment mercredi au ministre de la Santé, Xavier Bertrand, qu'il accuse d'avoir pris une décision "criminelle"

en recommandant aux porteuses de ces implants de les faire retirer.

Interrogé sur RTL, Jean-Claude Mas ne nie pas que le gel fabriqué par PIP pour ses implants n'était pas conforme mais affirme qu'il

n'était pas plus dangereux qu'un autre.

Il concentre ses attaques sur Xavier Bertrand, qu'il accuse d'avoir dramatisé la situation et préconisé une mesure dangereuse.

"Monsieur le ministre parle et vous, vous ne dites rien, vous ne relevez rien, vous ne voyez pas que ce monsieur, il nous met 500.000

patientes sur le dos par des déclarations intempestives alors qu'il a quand même des gens autour de lui pour le conseiller", dit Jean-

Claude Mas au téléphone à un journaliste de RTL.

"Ce monsieur a décidé de rembourser les patientes alors qu'il n'y avait aucune raison médicale de le faire", ajoute-t-il, d'une voix

forte à l'accent méridional prononcé. "Pourquoi aller payer à des patientes des explantations alors qu'il y a un risque chirurgical qui est

réel ? Cette décision, c'est criminel".

En décembre, le gouvernement a recommandé aux 30.000 femmes porteuses de prothèses PIP en France de se les faire retirer à titre

préventif mais sans caractère d'urgence.

Le cap des 2.500 plaintes de porteuses d'implants PIP a été franchi dans l'enquête préliminaire pour des faits de "tromperie aggravée"

ouverte au mois de mars 2010 et close le 10 octobre dernier.

Les enquêteurs ont auditionné les principaux cadres de l'entreprise, plus d'une vingtaine de salariés et une demi-douzaine de

chirurgiens qui implantaient les prothèses PIP.

Des déclarations et des procès-verbaux d'enquête, que Reuters a pu consulter, il ressort que tous détenaient au moins une partie de la

vérité sur le gel non conforme à la réglementation utilisé pour le remplissage de la majorité des implants de la société avant sa liquidation

en 2010.

Vingt cas de cancer ont déjà été signalés sur des porteuses d'implants PIP sans qu'un lien ait été établi pour l'instant avec ces

prothèses, qui ont été implantées sur quelque 500.000 femmes dans le monde selon les autorités sanitaires américaines.

Plus de 600 porteuses d'implants PIP en France ont déjà sollicité leur chirurgien pour une explantation à titre préventif, selon la

Direction générale de la santé.

Le comité de suivi des femmes porteuses de prothèses PIP a indiqué qu'à ce jour, 1.143 cas de rupture de prothèses avaient été

signalés, ainsi que 495 cas de réactions inflammatoires, soit 1.638 cas d'explantations suite à des problèmes cliniques.

Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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