Clément Legrand, frère de Pierre Legrand, un des six Français détenus au Sahel par Aqmi s'est adressé samedi directement aux ravisseurs via une vidéo.

Dans cette vidéo Clément Legrand interpelle ceux qui ont enlevé son frère sur le blocage des négociations, mais sa démarche divise les familles des otages.

Pierre Legrand, originaire de Loire-Atlantique a été enlevé le 16 septembre 2010 à Arlit, au nord du Niger, avec Thierry Dol, Daniel Larribe et Marc Ferret, collaborateurs du groupe nucéaire public Areva et de son sous-traitant Satom.

« Quand c'est si long, chaque jour qui passe on a l'impression de descendre une marche »

Alain Legrand, le père de Pierre Legrand, explique les raison qui ont conduit à la décision de faire cette vidéo

Le document a été transmis au site internet Sahara Médias, qui avait diffusé en septembre une vidéo des otages au Niger.

Ce message s’adresse à Monsieur Abou Zeid qui détient les trois otages de la Sogea Satom, enlevés le 16 septembre 2010 à Arlit. Nous sommes les familles de ces otages et je suis moi-même Clément, le frère de Pierre Legrand.Nous nous adressons à vous aujourd’hui pour vous dire que nous avons bien entendu vos messages et notamment quand vous vous dites ouverts à toutes négociations et que vous attendez le premier pas du gouvernement français.Nous tenons à vous dire que nous, les familles, faisons tout notre possible auprès du gouvernement, des entreprises, mais aussi des français pour que soit déclenchée une réelle négociation.Ils nous manquent tous les jours.Aujourd’hui les seules informations concrètes que nous ayons, sont celles que vous nous envoyez.Si nous choisissons aujourd’hui de nous adresser à vous, c’est que nous ne comprenons pas pourquoi tout est bloqué. Nous pensons que vous seul ayez le pouvoir de donner une réponse.S’il vous plaît, comprenez notre inquiétude. Nous vivons dans l’attente de votre réponse et d’une issue rapide et bénéfique pour tous.

« Cette démarche traduit notre exaspération devant le manque d'information »

Frédéric Cauhapé, beau-frère de Marc Féret a expliqué que cet appel direct aux ravisseurs traduit l'"exaspération" des familles privées d'information. "C'est une démarche commune des proches des employés de la Satom", a-t-il déclaré. "Cela fait 27 mois et on n'a pas de nouvelles. Cette démarche traduit notre exaspération devant le manque d'information. On s'adresse à la source", a-t-il ajouté.

Communiction ou discrétion ?

Cet appel n'aura pas un effet contre productif. C'est la question que se posent aujourd'hui une partie des familles et certains experts.

Bertrand Gallicher

Françoise Larribe, épouse d'un des Français toujours retenus au Niger et l'ex-otage elle même durant cinq mois, est "formellement opposée à cette démarche."

L'appel a également "surpris" les proches des deux otages d'Aqmi au Mali, Serge Lazarevic et Philippe Verdon, enlevés en novembre 2011. Les proches des six otages d'Aqmi au Sahel s'e sont retrouvés vendredi pour une conférence de presse à Paris, en présence de proches de Pierre Legrand, pour presser François Hollande d'agir, mais selon Jean-Pierre Verdon, le père de Philippe Verdon, il n'avait pas été question de cet appel.

Pascal Lupart, le président du comité de soutien à Philippe Verdon et Serge Lazarevic, s'est également interrogé sur le but de cette vidéo : "Si on a quelqu'un à interpeller, je ne pense pas que ce soient les ravisseurs".

La fille de Serge Lazarevic, Diane Lazarevic, a également dit ne pas avoir été informée de la démarche de Pierre Legrand. Elle regrette le manque d'informations fournies aux familles par les autorités françaises et déplorz ne plus avoir de contact avec le chef de l'Etat.

« un dossier extrêmement difficile, suivi personnellement par le président de la République »

Réagissant aujourd’hui à cette vidéo, le ministre de l’Intérieur a dit "comprendre l'inquiétude" des familles d'otages, mais n’a pas voulu à s'exprimer sur l'opportunité de la démarche. "Je ne vais pas en rajouter quant à l'accablement qui est celui de ces familles", a dit Manuel Valls. "Elles sont en contact avec les autorités françaises, c'est un dossier extrêmement difficile, qui est suivi personnellement par le président de la République" a-t-il ajouté.

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