[scald=213943:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - L'enquête au sein de l'entreprise française Spanghero dans le scandale de la viande de cheval a révélé un faisceau "d'indices graves, précis et concordants" sur une tromperie d'ampleur européenne, a réaffirmé dimanche le gouvernement.

Les ministres de l'Agriculture et de la Consommation, Stéphane Le Foll et Benoît Hamon, disent néanmoins se préoccuper du sort des 300 salariés et recevront lundi en fin d'après-midi les représentants du personnel et les syndicats concernés.

Cette réunion vise notamment à "préparer avec eux les conditions de redémarrage de l'entreprise", soulignent-ils dans un communiqué.

"Le gouvernement distingue la responsabilité de l'action qui semble relever des dirigeants de Spanghero, du travail de ses salariés. C'est pourquoi les services de l'Etat sont mobilisés pour accompagner les salariés de l'entreprise pendant la période de suspension provisoire", indique le texte.

Les autorités ont suspendu provisoirement l'agrément vétérinaire de l'entreprise afin de permettre à des enquêteurs de lever tout doute sanitaire.

Mais la direction de l'entreprise se défend de toute tromperie délibérée et accuse le gouvernement d'avoir pris une décision précipitée condamnant l'usine à mort, dans une région fortement touchée par le chômage.

Les responsables syndicaux ont fait part de leur désarroi et les élus du département pressent le gouvernement de trouver une solution pour permettre le redémarrage de l'activité.

Le maire de Castelnaudary Patrick Maugard (PS) a annoncé qu'il rencontrerait mardi les ministres en charge du dossier en compagnie de parlementaires de l'Aude, avec l'espoir d'obtenir une reprise partielle.

Quatre enquêteurs des services vétérinaires sont à pied d'oeuvre ce week-end à Castelnaudary "pour apporter des clarifications le plus rapidement possible", a indiqué le secrétaire général de la préfecture de l'Aude Olivier Delcayrou.

750 TONNES DE CHEVAL ÉCOULÉES

La société Spanghero est soupçonnée d'avoir écoulé 750 tonnes de cheval à travers des millions de plats surgelés distribués dans plus d'une dizaine de pays européens.

Selon Benoît Hamon, elle aurait réalisé une marge de 550.000 euros, ce que conteste le PDG Barthélémy Aguerre, qui parle de 200.000 euros.

La viande de cheval retrouvée dans des préparations culinaires censément à base de boeuf était d''origine roumaine et avait transité par un trader chypriote, puis néerlandais, avant d'être redirigée par Spanghero vers la filiale luxembourgeoise du français Comigel, sous-traitant de Findus et de "marques distributeur" de plusieurs enseignes de grande distribution en Europe.

En dépit des vives dénégations des dirigeants de l'entreprise, les enquêteurs de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont indiqué avoir saisi chez Spanghero des factures émises par le trader chypriote sur lesquelles il apparaît que ce dernier lui a vendu du cheval désigné comme tel sur la facture.

Samedi, France info a publié sur son site des factures qu'elle dit être accablantes. "Sur ces documents, pas de doute, apparaît le code 0205 0080 utilisé pour la viande de cheval contre 0201 ou 0202 pour le boeuf", dit la radio, soulignant que la société ne pouvait ignorer ce code.

Gérard Bon

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.