Dans son dernier rapport rendu début 2012, la Fondation Abbé Pierre comptabilise 3,6 millions de personnes non ou très mal logées en France, et plus de 5 millions en situation de fragilité à court ou moyen terme dans leur logement.

Parmi eux, de nombreux locataires vivent aujourd'hui sous la menace d'une expulsion. Derrière le mal-logement et l'expulsion locative, la question de l'hébergement d'urgence et de l'accueil des familles en difficulté se pose de plus en plus.

LES CHIFFRES DU MAL LOGEMENT :

3,6 millions de personnes sont non-logées ou mal-logées :

  • 685.116 n’ont pas de logement personnel (SDF, personnes habitant dans des campings/mobile-home/chambres d’hôtel ou chez des tiers).

  • 2.778.000 vivent dans des conditions de logement très difficiles (habitations surpeuplées et/ou privées de confort).

  • 172.847 personnes vivent dans des logements précaires.

  • 80.116 gens du voyage n’ont pas accès à une place dans les aires d’accueil aménagées.

5 millions de personnes fragilisées par la crise du logement :

  • 729.636 propriétaires occupent un loyer dans une co-propriété en difficulté.

  • 1.252.000 locataires sont en impayés de loyer.

  • 3.224.000 personnes connaissent une situation de surpeuplement dans leur logement (habitations très petites etc...)

  • 240.599 personnes vivent en habitat "résigné", contraints de retourner vivre chez leurs parents ou grands-parents après avoir vécu dans un logement indépendant pendant plus de 3 mois.

Ces chiffres sont ceux de la Fondation Abbé Pierre. Pour aller plus loin.

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Manifestation
Manifestation © Radio France

Avec la hausse du chomâge, le nombre de locataires en situation d'impayés augmente sensiblement ces derniers mois. Exemple avec Arnaud, 22 ans. Intérimaire chez PSA, il a perdu son emploi et faute de pouvoir payer son loyer, il a reçu en janvier dernier son avis d'expulsion pour impayés.

Le reportage de Jonathan Landais

Derrière le mal-logement, la question de l'hébergement d'urgence

Avec la fin de la trêve hivernale, tous les locataires sous le coup d'une procédure d'expulsion peuvent se faire mettre dehors à n'importe quel moment...

Selon l'association Droit au logement, 12.000 personnes ont été expulsées l'année dernière à cette période. Si la proximité des élections laisse l'espoir d'un répit cette année, le risque d'expulsion reste bien réel.

Dans un communiqué intitulé "La fin de la trêve hivernale et après?" , 46 maires de communes d'Ile-de-France, dont le maire de Paris Bertrand Delanoë, adressent un appel au Premier ministre François Fillon pour lui demander "l'organisation d'Etats généraux de l'hébergement d'urgence".

Pour les ménages sous la menace d'une expulsion, mais aussi pour toutes les personnes privées de logement, l'hébergement d'urgence devient l'un des seuls recours. Pour leur venir en aide, l'association Droit au logement a lancé ce jeudi 15 mars un site d'information et d'aide juridique.

Présentation du site avec Cédric Lang-Roth

Actuellement, seule une demande d’hébergement sur deux adressée au "115" reçoit une réponse positive. En février dernier, la Fondation Abbé Pierre a soumis aux candidats à la présidentielle un "Contrat social pour une nouvelle politique du logement".

Parmi les propositions, la construction de 500.000 logements par an sur cinq ans dont 150.000 logements "vraiment sociaux", l'encadrement des loyers , et le renforcement des obligations de la loi SRU pour imposer 25% de logements sociaux dans les communes au lieu de 20% actuellement.

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