[scald=219989:sdl_editor_representation]par Julien Ponthus

VARSOVIE (Reuters) - Symbole des insuffisances de la politique européenne de défense, le conflit malien s'est révélé mercredi comme un invité encombrant à un sommet où ni François Hollande, ni Angela Merkel n'ont pu annoncer de progrès politiques majeurs.

Invité à l'initiative de la Pologne qui prétend à une place de "grand" à la table de l'Europe militaire, le président français a certes annoncé un succès avec la mort de "chefs terroristes" non identifiés mais reste le seul Européen à déployer des troupes combattantes dans le désert malien.

Cette intervention est pourtant le type d'opération que l'Union européenne ambitionne de pouvoir mener collectivement dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD).

"Le Mali montre que nous vivons dans un monde où la défense de nos intérêts et de notre sécurité dépendra de plus en plus de la capacité à lancer rapidement et efficacement des opérations militaires", ont ainsi déclaré dans un communiqué commun les ministres de la Défense des six pays réunis à Varsovie.

Sans surprise, aucun Etat n'a pourtant proposé d'envoyer ses forces prêter main forte aux soldats français impliqués dans des accrochages de plus en plus violents avec les rebelles islamistes et qui ont fait une quatrième victime dans leurs rangs mercredi.

François Hollande a utilisé la tribune de ce sommet pour répondre implicitement à son prédécesseur Nicolas Sarkozy qui, cité dans l'hebdomadaire Valeurs actuelles, s'est montre très critique sur l'intervention française.

"L'Histoire retiendra que cette opération qui a été faite par la France au nom de la communauté internationale et avec l'Europe en soutien, a été, je pense, une étape très importante dans la lutte contre le terrorisme", a-t-il dit.

Le sommet de Varsovie, en regroupant les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie et République Tchèque) et ceux du Triangle de Weimar (Pologne, Allemagne et France), avait pour but de mettre l'Europe centrale au coeur de la politique européenne de défense.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk y a annoncé la création d'un groupe de combat tactique européen de 2.000 à 3.000 hommes qui devrait être opérationnel en 2016.

Farouchement attachée à l'Otan après s'être dégagée du giron soviétique, la Pologne a progressivement intégré la nécessité d'une Europe de la défense forte et complémentaire à l'Alliance atlantique.

Ce sommet devait aussi être l'occasion pour les six pays d'afficher leurs ambitions pour le Conseil européen de décembre qui doit marquer une relance de l'Europe de la défense.

Crise économique oblige, les dirigeants des six pays se sont bornés à répéter la feuille de route confiée l'année dernière au Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, à savoir : accélérer la mutualisation des moyens militaires ou faciliter les synergies entre industriels.

Edité par Yann Le Guernigou

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