Suite à cette décision de l’Inspection du travail, la direction de Molex a formé un « recours hiérarchique », le 7 janvier 2010, transmis le lendemain au Ministère du Travail. A l’époque, c’est Xavier Darcos qui est ministre du Travail. Il a jusqu’au 7 mai 2010 pour se prononcer dans ce dossier .

En fait, aucune décision écrite ne sera prise… jusqu’au remaniement ministériel du 22 mars 2010 (au lendemain de la défaite de la majorité aux élections régionales) : Eric Woerth quitte alors le Budget pour le Ministère du Travail.

Deux jours après la nomination d’Eric Woerth au Travail, le ministre accepte le licenciement pour motif économique (contre la décision de l’Inspection du Travail) des 28 représentants du personnel de l’usine Molex.

> Voir un extrait du courrier daté du 24 mars 2010, signé « pour le ministre » par le directeur général du travail (DGT), Jean-Denis Combrexelle, autorisant le licenciement économique des salariés du comité d’entreprise de Molex.

Les « salariés protégés » de Molex ont fait appel de cette décision devant le Tribunal administratif.

A l’époque, plusieurs élus de l’opposition s’était offusqué de cette décision . Les élus socialistes de la région Midi-Pyrénées avaient écrit au Premier ministre, François Fillon, pour se dire « choqués » de l'autorisation donnée par le gouvernement au licenciement « pour motif économique » des représentants du personnel de l'usine Molex. « Le gouvernement, fait rare, désavoue les conclusions de son administration en estimant que le motif économique est avéré et que les salariés protégés peuvent donc en toute simplicité être licenciés » , écrivent alors les élus, relevant que le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, avait pourtant qualifié l'équipe dirigeante de Molex de « patrons voyous ». Ils dénoncent« une décision inattendue et précipitée, à 12 jours d’une audience prévue devant le Tribunal correctionnel de Toulouse, alors que le ministère du Travail avait encore un délai d'un mois et demi pour statuer. » .

Le 6 avril 2010, une audience était effectivement prévue devant le Tribunal correctionnel de Toulouse. Jugement mis en délibéré trois mois plus tard. Le 6 juillet 2010, deux dirigeants de Molex ont finalement été condamnés à 6 mois de prison avec sursis et à 10 0000 euros de dommages et intérêts pour « entrave au fonctionnement régulier du comité d’entreprise. »

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