PARIS (Reuters) - Le parquet a annoncé vendredi avoir fait appel de la relaxe de deux prévenues dans un procès visant de supposés abus sur une employée d'une école d'hôtellerie liée à l'Opus Dei.

Cette institution s'estimait injustement mise en cause par cette affaire dont elle disait qu'elle ne le concernait pas, tout en soutenant les prévenues.

Le tribunal correctionnel a jugé jeudi insuffisamment établies les charges de travail dissimulé et de "rétribution contraire à la dignité" retenues contre Claire de Bardon de Ségonzac et Agnès Duhail, à l'issue d'une décennie de procédure.

L'affaire avait commencé avec la plainte en novembre 2001 d'une élève devenue employée de l'Ecole technique privée d'hôtellerie Dosnon de Couvrelles (Aisne), puis d'un hôtel situé à proximité.

La plaignante parlait d'un traitement qu'elle disait avoir subi pendant 15 ans, mélange selon elle d'endoctrinement religieux et d'esclavage domestique.

Certaines associations voyaient en cette affaire un exemple des dérives prêtées à l'Opus Dei, créé en 1928, une "prélature personnelle" liée au Vatican, reconnue par la papauté et présente dans 61 pays.

La plaignante, traitée pour une dépression et recueillie par ses parents début 2001 alors qu'elle ne pesait plus que 39 kilos, est restée deux ans et demi en arrêt de travail.

Entrée dans l'école au milieu des années 1980, puis devenue employée, elle dit avoir été contrainte d'effectuer des tâches domestiques, de servir et ranger entre l'aube et le crépuscule, sept jours sur sept, et avoir eu obligation de voeux religieux d'obéissance, de pauvreté et de chasteté.

Ces accusations n'ont pas été intégralement examinées par le tribunal, un non-lieu partiel sur l'accusation d'abus de faiblesse et de mise en danger ayant été rendu faute de preuves en cours d'instruction.

Gérard Bon et Thierry Lévêque

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