Abdoulaye Wade demande à ses partisans une réélection "au premier tour".

Malgré ses 85 ans (bien plus selon ses opposants), et une campagne électorale parfois très tendues suite à la validation de sa candidature jugée inconstitutionnelle par ses opposants, le Président Wade brigue un troisième mandat.

meeting Abdoulaye Wade_16
meeting Abdoulaye Wade_16 © Radio France / Jean-Marie Porcher

L'opposition accuse désormais le président Wade de dérive monarchique et autoritaire après avoir dénoncé la corruption du régime et la nomination de son fils Karim à des postes-clefs du gouvernement.

Pourtant Abdoulaye Wade est persuadé d'avoir une "majorité écrasante" dès le premier tour. il se dit certain également qu'une révolte des Sénégalais contre lui n'est pas possible.

Le Président a donc tranquillement mené sa tournée de meetings dans le pays.

Mercredi, il était à Pikine, banlieue populaire de Dakar. Le président sortant et son entourage n’ont pas lésiné sur les moyens. (voir la galerie photo)

Nour-Eddine Zidane

Les douze ans de règne du président Wade c’est aussi le chômage, la vie chère, les pénuries, les coupures d'eau et d'électricité

La majorité des 12,9 millions habitants vit en dessous du seuil de pauvreté et le chômage des jeunes est très important. Des milliers de jeunes sans emplois ou sous-employés, prêts à partir à l'étranger.

Sans diplôme, très difficile d’avoir un travail, mais pas facile non plus d’étudier. Enseignants en grève depuis trois mois, conditions d’étude très difficile à l’université de Dakar qui tourne au ralenti depuis plusieurs semaines.

Nour-Eddine Zidane

Les prix flambent sur le marché de Dakar. Le riz par exemple, ou le lait.

Nour-Eddine Zidane

Beaucoup pourtant se souviennent de ses réformes et de ses réalisations comme la construction de routes, de stades et d'écoles et soutiennent encore le vieux Président dont l'âge est assimilé à la sagesse.

Samba Dia est comptable, il a 50 ans et vit à Pikine, une banlieue de Dakar (Delphone Gotchaux)

### L'opposition a toujours autant de difficultés à se faire entendre Plusieurs candidats d'opposition membres du M23 (pour mouvement du 23 juin), le mouvement regroupant partis et organisations de la société civile, sont favorables à un report des élections, en raison de "la situation quasi-insurrectionnelle" prévalant dans le pays, selon les mots de l’un d’eux. Mais d'autres, également membres du M23 s'y opposent, poursuivant leur campagne entamée le 5 février jusqu'au dernier jour vendredi, déterminés à participer au vote dès dimanche. Un mouvement qui au fil des semaines s'est essoufflé, affaibli par des stratégies différentes pour ce scrutin. _Abdou Fall, politologue, au micro de Nour-Eddine Zidane_
Forces de l'ordre à Dakar lors d'une manifestation de l'opposition
Forces de l'ordre à Dakar lors d'une manifestation de l'opposition © Radio France / Jean-Marie Porcher
### La candidature contestée de Wade a donné lieu à des manifestations à Dakar et en province Depuis fin janvier, au moins six personnes ont été tuées lors de ces manifestations réprimées par les forces de l'ordre. Jeudi soir ils étaient 1 500 personnes, pas plus, à manifester calmement à l'entrée de la place de l'indépendance, à Dakar. Vendredi après midi, comme les jours précédents, le collectif des opposants du M23 appellait à une marche contre Abdoulaye Wade. Même si la manifestation de jeudi s'est déroulée dans le calme, les commerçants ont hâte que la campagne électorale se termine. Depuis une dizaine de jours, les manifestations près de la place de l'Indépendance au centre ville, ont parfois été l'objet de débordements. Pas bon pour le commerce car ça oblige à fermer plus tôt -même si les vendeurs de masques à gaz et de casques tirent leur épingle du jeu-. Les clients sont également plus réticents à venir en ville. _Nour-Eddine Zidane_
Manifestants anti Wade
Manifestants anti Wade © Radio France / Jean-Marie Porcher
### L'inquiétude porte également sur la transparence du scrutin Les observateurs européens se sont émus que des cartes électorales n'aient toujours pas été distribuées.Dans ces conditions, la fraude est la grande inconnue du scrutin. _Omar Ouamane_
Ecoutez le reportage de Nour-Eddine Zidane pour "Partout ailleurs" (8 minutes)
_Photos Jean-Marie Porcher_
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.