NICE (Reuters) - Se présentant comme la "voix de l'exception française" dans la campagne présidentielle, Marine Le Pen a dénoncé vendredi "l'angélisme" de Nicolas Sarkozy et François Hollande face à l'islam radical et à l'immigration.

Lors d'un meeting à Nice, la candidate Front national a poursuivi d'un ton martial ses critiques sur l'affaire Merah, qui "symbolise" à ses yeux "tout l'affaissement de l'identité française".

"Si le Front national avait été au pouvoir depuis 25 ans, il n'aurait pas eu la nationalité française", a-t-elle lancé à propos de l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban.

Devant plus de 2.800 sympathisants réunis au palais des congrès Acropolis, Marine Le Pen a estimé que Nicolas Sarkozy, en dépit des accents droitiers de sa campagne, s'était laissé "contaminer par la gauche" et avait perdu toute crédibilité sur l'immigration et la sécurité.

"Nicolas Sarkozy a capitulé devant la culture de gauche (...) Il s'est rangé au laxisme et à l'angélisme de la gauche", a-t-elle dit en lui reprochant d'avoir laissé entrer légalement en France, pendant son mandat, "un million d'immigrés".

Pour la chef de file du FN, Mohamed Merah, un Français d'origine algérienne issu d'une cité de Toulouse et se revendiquant d'Al Qaïda, n'aurait jamais dû "pouvoir vivre aux crochets de notre pays".

Par allusion à l'allocation dont est supposé avoir bénéficié le "tueur au scooter", Marine Le Pen a prôné de nouveau l'arrêt des aides sociales aux immigrés.

"Qu'ils se débrouillent une fois sortis de prison", a-t-elle lancé sous les acclamations de ses sympathisants, nombreux à Nice qui est une terre de droite et où le FN a réalisé des scores très élevés aux dernières élections locales.

"L'AFFAIRE MERAH A RÉVÉLE DES PROBLÈMES CENTRAUX"

S'adressant aux jeunes, Marine Le Pen a estimé qu'ils souffraient tout particulièrement de la situation dans les banlieues et "des gangs qui y sévissent".

"Les jeunes n'ont plus l'impression d'être en France", a-t-elle avancé, jugeant que l'affaire Merah avait révélé "des problèmes centraux" du pays, en particulier la faiblesse des services de renseignement.

Pour que les jeunes aient de nouveau "le sentiment d'appartenir au peuple de France", Marine Le Pen propose désormais le rétablissement d'une "courte période de service militaire".

La campagne de la dirigeante du FN, qui entend "mettre l'islam radical à genoux", en réponse à Mohamed Merah disant aux policiers avoir "mis la France à genoux", a retrouvé du souffle depuis les événements de Toulouse et Montauban.

A ses yeux, ce n'est pas parce que le chef de l'Etat s'est comporté correctement lors des différentes commémorations pour les victimes que "les Français lui apportent une caution" sur la manière dont il a laissé "le fondamentalisme se renforcer" et sur son échec face à l'insécurité.

Elle a accusé le président-candidat de ne pas vouloir dire "toute la vérité" sur l'affaire Merah puis d'avoir "capitulé" devant l'Algérie, qui a refusé d'inhumer le "tueur au scooter", finalement enterré à Toulouse après de nombreux atermoiements.

Le discours musclé de Marine Le Pen semble lui avoir permis de remonter dans les sondages, où elle est créditée de 15% à 16%, après le décrochage qui avait suivi l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy.

Devancée il y a quelques jours dans un sondage par Jean-Luc Mélenchon, la chef de file du FN distance de nouveau le candidat du Front de gauche et son entourage espère qu'elle parviendra à poursuivre sur cette dynamique à trois semaines du premier tour.

Gérard Bon, Benjamin Massot pour le service français

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Lien image CDC Marine Le Pen à Nice © Radio France
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