R Depardon et C Nougaret
R Depardon et C Nougaret © Radio France

Ils s’aiment.

Claudine Nougaret, chef opératrice du son et son compagnon Raymond Depardon s’aiment depuis vingt cinq ans.

25 ans de vie commune, de travail commun, lui, à l’image, elle, au son.

Dernièrement, Claudine a été malade et à l’évidence,

elle a voulu par leur passion, le cinéma,

témoigner de son amour pour Raymond Depardon.

Quand, ces dernières années, l’artiste prenait des photographies de la France, en roulant dans sa camionnette à la recherche d’images de cafés, de salons et de coiffure et qu’il photographiait en argentique, à la chambre, à l’ancienne, la tête sous un tissus rouge, Claudine fouillait dans leur cave. En quête de pellicules, en quête d’archives, d’images inédites prises depuis les années 60 par le photographe cinéaste.

Son « Journal de France », donc, mêle des chutes des films de Depardon à une vidéo qui montre le photographe en train de travailler et de se balader, en France.

Le défaut de ce documentaire, c’est peut-être son principe amoureux. Claudine Nougaret veut tout mettre de leur histoire et de la carrière de son compagnon. Elle dévoile même les images que Depardon a filmées d’elle. Comme si elle souhaitait prouver que leur amour est réciproque. Mais on pardonne vite cette complaisance, car l’homme Depardon, avec son caractère de paysan un peu rude parfois, malin et timide à la fois, s’avère très attachant. Le plaisir est réél à revisiter ce parcours de reporter et d’humaniste. Même si parfois les images sont trop brèves ou se télescopent un peu, elles révèlent un homme profondément curieux, intéressé par celles et ceux qu’il ne connaît pas ou ne lui ressemblent pas : des jeunes couples français filmés en noir et blanc, avec des filles un peu tristes, des hommes dans le désert, Bokassa au pouvoir promettant de soutenir ses footballeurs de son pays, la foule de Prague qui voudrait résister à l’oppresseur soviétique, des femmes, des hommes en prise avec l’institution, les fous, ceux qu’on comdamne, celles et ceux qui soignent ou jugent.

Ce film hommage à la carrière d’un homme aimé tient du petit Raymond illustré, et c’est tant mieux !

Il montre, en plus de la curiosité de Depardon, son étonnante capacité de s’approcher de ce qu’il filme, d’écouter et de regarder, fidèle à la recommandation du grand Capa : s’approcher au plus près du sujet. Voir "Journal de France" provoque l'envie de plonger dans la carrière du documentariste, toute la carrière.

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