Bernard Cazeneuve
Bernard Cazeneuve © MaxPPP/Le Parisien/Lejeune

Près de vingt mille euros en liquide, ainsi que de nombreux téléphones et ordinateurs, ont été saisis par les enquêteurs de la "police des polices". En marge des perquisitions, le suspect nie toujours avoir dérobé les cinquante deux kilos de cocaïne, dans les locaux de la brigade des stups.

La garde à vue est prolongée lundi midi pour ce brigadier de trente trois ans. Il reste interrogé à l'inspection générale de la police nationale (IGPN). Le policier a été interpellé samedi après-midi dans la région de Perpignan. Son interpellation a été possible grâce au témoignage d'une femme policier planton. Elle a vu le suspect ressortir du "36" avec des sacs pleins à ras bord dans la nuit du 24 au 25 juillet.

Les explications de Corinne Audouin :

Originaire de Perpignan, il avait intégré la brigade des stups il y a quatre ans. Il se définit sur un site de "trail" (course à pied en montagne) comme "ayant un goût prononcé pour les épreuves difficiles" . Mais son train de vie intrigue. Habitant à Paris, il possède -officiellement grâce au patrimoine de son épouse- sept biens immobiliers dans la région de Perpignan.

La cocaïne reste introuvable

S'il se confirme qu'il est bien sorti du siège de la PJ avec deux grands sacs contenant la drogue, on voit mal comment ce policier aguerri pouvait imaginer qu'il n'allait pas se faire prendre. Dans le même temps, la drogue reste introuvable, ce qui laisse à penser qu'elle a déjà été revendue. Cela atteste aussi d'un certain degré de planification.

Les enquêteurs ont perquisitionné ce week-end dans ses appartements. Ils auraient saisi de l'argent liquide. Ils épluchent également ses comptes et analysent ses fréquentations.

Invité du journal de 13 heures ce lundi, le commissaire Claude Cancès, ancien directeur régional de la police judiciaire de Paris est revenu sur cette affaire :

Un audit des stups

Bernard Cazeneuve veut agir très vite dans cette affaire qui secoue une nouvelle fois le 36, Quai des Orfèvres. Le ministre de l'Intérieur suspend à titre conservatoire le policier mis en cause. Il annonçait dès dimanche dans un entretien au "Parisien" un audit des stups réalisé par l'IGPN. Il repète que "La police doit être aussi irréprochable qu'efficace" .

Au-delà des accès, je souhaite que les méthodes, les pratiques professionnelles soient passées au crible. (...) De tels actes ne doivent plus être possibles.

Avec ce vol, se pose la question de la durée de conservation des scellés, après des saisies. Le ministre souhaite "une évolution" de la règle mais il ne veut "pas décider seul" :

Il est des cas où la conservation de simples échantillons s'avère tout à fait suffisante à l'instruction judiciaire, dès lors qu'une quantification précise du stock saisi a été opérée et consignée dans un acte de procédure. La plus grande partie de la saisie peut alors être détruite. Mais c'est l'autorité judiciaire, le magistrat qui dirige l'enquête et lui seul, qui a le pouvoir de décision à cet égard.

Bernard Cazeneuve semble vouloir éteindre le plus vite possible l'incendie, au sein de la police. D'abord, en prenant le dossier en main dès le début. Il renouvelle son soutien au préfet de police de Paris et promet des réformes. Mais les locaux du "36" sont vétustes et le déménagement des services ne se déroulera qu'en 2017. Ces policiers seront installés dans un "nouvel immeuble, moderne et sécurisé" aux Batignolles. Toutefois il précise:

__ Cette perspective ne dispense ni du respect des règles strictes ni de l'installation de dispositifs de sécurité efficaces dans les locaux actuels. Le préfet de police a engagé ce travail, et des mesures sont prises pour le renforcement de la sécurité, du contrôle et de la tracabilité des accès.

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