Après neuf mois de combats, la bataille pour libérer la deuxième ville d'Irak du groupe État islamique est gagnée. Mais le bilan humain est lourd et la fin du "califat" incertaine.

Le Premier ministre irakien à Mossoul pour féliciter "les combattants héroïques et le peuple irakien pour cette victoire majeure".
Le Premier ministre irakien à Mossoul pour féliciter "les combattants héroïques et le peuple irakien pour cette victoire majeure". © AFP / Iraqi Prime Ministry Press Office / Anadolu Agency

Des coups de feu et des explosions se font encore entendre dans Mossoul, mais le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi a fait le déplacement, en tenue militaire, dans "la ville libérée de Mossoul", pour féliciter "les combattants héroïques et le peuple irakien pour cette victoire majeure". Une victoire majeure contre le groupe État islamique, qui en avait fait son bastion.

La reconquête de la deuxième ville du pays était en effet un enjeu crucial : c'est à Mossoul que le chef du groupe extrémiste sunnite, Abou Bakr al-Baghdadi, avait proclamé en juillet 2014 un "califat" sur les territoires conquis par ses troupes en Irak et en Syrie.

Neuf mois de combats

Lancée le 17 octobre par les forces irakiennes, soutenues par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, la bataille aura duré neuf mois. Neuf mois de frappes aériennes et de combats de rue pour parvenir à prendre en étau les combattants djihadistes dans la vieille ville, un espace étroit et densément peuplé au bord du Tigre.

Avec un bilan très lourd : cette campagne a entraîné une crise humanitaire majeure, marquée par la fuite 862 000 civils selon l'ONU, dont près de 700 000 sont toujours déplacés.

Depuis octobre 2016, environ 862 000 personnes ont été déplacées de Mossoul, dont quelque 195 000 sont revenues dans la ville, selon le HCR.
Depuis octobre 2016, environ 862 000 personnes ont été déplacées de Mossoul, dont quelque 195 000 sont revenues dans la ville, selon le HCR. © Getty / Martyn Aim

Mutation en cours

Mais ce revers militaire pour le groupe État islamique ne marque pas la fin des hostilités en Syrie et en Irak. Certes, le mouvement djihadiste a perdu plus de la moitié de la superficie conquise en Irak à son apogée, en juin 2014. Mais s'il a perdu sa "capitale", il faut s'assurer, précise Patrick Martin, analyste à l'Institut pour l'étude de la guerre à Washington, "que l'EI ne peut plus contrôler de terrain et gouverner".

David Witty, analyste et colonel à la retraite des forces spéciales américaines, cité par l'AFP :

A court terme en Irak, l'EI va passer au terrorisme et à l'insurrection au lieu d'essayer de contrôler ouvertement de vastes régions.

L'organisation a déjà répondu à des revers militaires par de sanglantes attaques ciblées, rappelle Patrick Martin. Après la perte de Fallouja, en juillet 2016, un attentat avait tué 320 personnes personnes à Bagdad.

En attendant, ce qu'il reste du califat "détient toujours un territoire urbain significatif", notamment en Syrie, où la ville de Raqqa, sanctuaire du groupe EI, est la prochaine cible. Et même sans assise territoriale, le groupe EI reste une menace à l'échelle mondiale.

© Visactu /
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.