L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes fait débat. Mais quelles sont les raisons de cette controverse ? Le projet, tel qu’il est présenté, prévoit un transfert de l’aéroport actuel vers un nouveaut, plus grand, plus attractif économiquement, et plus sûr. Mais implanté plus loin de Nantes : situé en plein cœur du bocage breton, l’aéroport implique la mise en place de nouvelles connexions routières et ferroviaires. A l’heure actuelle, la construction doit commencer en 2014 pour une mise en service en 2017.

Le projet d'aéroport
Le projet d'aéroport © Idé

Le projet en questions

Un aéroport à Nantes ? Il n’y en a pas déjà un ?

Si, c’est l’aéroport de Nantes Atlantique. Il est situé sur deux communes au sud-ouest de Nantes, Bouguenais et Saint-Aignan-Grandlieu. Autrefois nommé « Aéroport international Château Bougon », il a obtenu le prix du meilleur aéroport européen pour la saison 2011 – 2012. Problème : la jauge de cet aéroport est de 3,5 millions de passagers pris en charge chaque année. En 2011, l’aéroport a accueilli 3,2 millions de voyageurs.

Les gestionnaires de l’aéroport, la société Aéroports du Grand Ouest, craignent donc qu’à l’horizon 2015/2020, l’aéroport soit saturé. Autre problème, selon les gestionnaires de l’aéroport, cela engendre des survols fréquents de l’agglomération nantaise (50% des vols passent à moins de 500m d’altitude au-dessus du centre-ville de Nantes, selon les promoteurs), qui posent des problèmes en termes de sécurité, selon la préfecture, et en termes de réglementation sur le bruit.

De quand date le projet de nouvel aéroport ?

Il est plus ancien qu’on peut le penser : c’est en 1965 que la préfecture de Loire-Atlantique commence à envisager la possibilité d’un nouvel ensemble aéroportuaire desservant Nantes et Saint-Nazaire. Le site de Notre-Dame-des-Landes est identifié dès 1968 comme privilégié pour la construction de ce nouvel aéroport. Le projet devait faire partie d’un plan propulsant l’ensemble Nantes-Saint-Nazaire comme « métropole d’équilibre ».

En 1974, les autorités créent une « Zone d’aménagement différée » de 1.225 hectares, c’est-à-dire que le département de Loire-Atlantique devient prioritaire pour acquérir des terrains dans cette zone. Mais la crise pétrolière qui commence en 1974 porte un coup d’arrêt au projet, qui ne revient au cœur des discussions qu’au début des années 2000.

Notre-Dame-des-Landes, c’est où ?

Alors que l’aéroport actuel est situé à une dizaine de kilomètres seulement du centre de Nantes, sur des communes limitrophe, le nouveau projet prévoit une implantation à Notre-Dame-des-Landes, à quelque 30 kilomètres au nord-ouest de la ville.

Notre-Dame-des-Landes fait partie du bocage nantais. Il s’agit d’une région de champs et de prés séparés par des haies ou des rangées d’arbres. Ce sont donc des paysages très adaptés à l’agriculture.

A quoi ressemblera ce nouvel aéroport ?

Vinci, qui dispose d’une concession de l’Etat pour la construction de son aéroport (et pour sa gestion prochaine), a créé une simulation en images de synthèse de ce à quoi devrait ressembler l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes :

L’élément le plus notoire de ce projet, c’est la présence d’une deuxième piste d’atterrissage, là où l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique n’en possède qu’une : au-delà du seuil de quatre millions de passagers pris en charge, la réglementation européenne exige que l’aéroport dispose d’au moins deux pistes.

Le terminal devrait être desservi par le tram-train Nantes-Châteaubriant, ce qui le placerait à une demi-heure de trajet de la gare de Nantes. Vinci prévoit également le raccordement au TGV à l’horizon 2025.

Quel est le calendrier ?

L’aéroport Grand Ouest a fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique en 2008. Même si des travaux routiers sont prévus en 2013, la construction de l’aéroport en lui-même ne doit pas commencer avant mi-2014. Ainsi, l’aéroport serait mis en service à partir de 2017.

Que deviendra l’actuel aéroport ?

En 2009, Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes, annonce que l’aéroport actuel cessera d’être actif à l’ouverture de celui de Notre-Dame-des-Landes. Il doit être entièrement détruit, ce qui laissera la place à 300 hectares de terrain constructible. Pour les opposants au projet, c’est impossible : il y a une usine Airbus à proximité de l’actuel aéroport, qui a absolument besoin de la piste d’atterrissage.

Dans un entretien à Ouest-France, le président du Conseil régional des Pays de la Loire Jacques Auxiette. « Aujourd’hui, 88 % des terrains nécessaires dans la déclaration d’utilité publique de l’aéroport ont été négociés à l’amiable. Les gens qui protestent légitimement ont utilisé toutes les procédures de droit et le Conseil d’État a jugé à deux reprises », explique-t-il.

L’État a concédé la réalisation de l’aéroport et les collectivités locales y contribuent à des conditions correctes. Les tribunaux compétents ont jugé que la procédure était conforme et que la réalisation peut se faire. Désormais, l’aéroport est d’intérêt général. Il faut savoir raison garder !

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