PARIS (Reuters) - Donner une majorité à François Hollande pour gouverner la France : tel est l'objectif défini par le Conseil du Parti socialiste qui a lancé lundi la campagne des élections législatives des 10 et 17 juin, cruciales pour le quinquennat du nouveau président.

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Cyril Graziani à la Mutualité avec les socialistes

A la veille de la passation de pouvoirs à l'Elysée, le nouveau chef de l'Etat s'est rendu à la salle de la Mutualité, à Paris, où était réuni le "Parlement" socialiste sous la houlette de la première secrétaire, Martine Aubry.

Rassemblé derrière le slogan "Donnons une majorité au changement", le PS se fixe pour objectif d'obtenir une majorité absolue qui lui permettrait d'éviter de délicats compromis futurs avec les écologistes ou la "gauche de la gauche".

"Pour nous socialistes, c'est le lancement officiel de la campagne législative. Il faut que François Hollande ait la majorité la plus large possible pour changer de politique", a résumé Martine Aubry à son arrivée.

La maire de Lille, que l'on donne en lice pour Matignon ou pour un grand ministère réunissant l'Education et la Culture, a confié avoir eu dans la journée "deux fois" François Hollande au téléphone.

Le favori pour Matignon, le député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, s'est affiché serein.

"Aujourd'hui c'est aujourd'hui, demain c'est demain", a-t-il dit. A la question de savoir s'il avait "la pêche", le sage président du groupe PS à l'Assemblée nationale a répondu : "J'ai la pêche d'avoir François Hollande comme président !".

"LE CHANGEMENT COMMENCE"

"Le changement commence", a commenté Ségolène Royal, l'une des premières arrivées à la Mutualité.

"Il ne faut pas ajouter une crise politique à une crise économique et sociale très rude dans le pays, donc il est très important de donner une majorité très large au gouvernement et au président", a ajouté la candidate de 2007, présidente de la région Poitou-Charentes.

La mère des quatre enfants de François Hollande a précisé qu'elle serait absente de la passation de pouvoir à l'Elysée mardi mais présente dans l'après-midi à la mairie de Paris, où le nouveau chef de l'Etat fera étape.

Une partie des membres du Conseil politique du PS se retrouvera dans le gouvernement, dont la composition sera dévoilée mercredi. Alors que les spéculations vont bon train en coulisses, chacun a gommé lundi devant les caméras tout signe extérieur de fébrilité.

"Ce n'est pas quand vous révisez deux jours avant le bac que vous l'avez", a dit le député de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone. "Celles et ceux qui doivent rentrer sont déjà dans la paysage et ont déjà impressionné ou le président de la République, ou le Premier ministre, donc il faut savoir attendre".

Pierre Moscovici, qui a dirigé la campagne du candidat Hollande et a "passé une partie de la journée" avec le nouveau président, a laissé plané le mystère sur son cas.

"Je serai là où François Hollande décidera que je suis", a-t-il dit.

Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

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