par Brian Love et John Irish

PARIS (Reuters) - François Hollande a déjà prévenu les principaux alliés de la France au sein de l'Otan de sa détermination à achever le retrait des troupes françaises d'Afghanistan d'ici la fin de l'année, a déclaré mercredi Jean-Yves Le Drian, chargé des questions de défense dans l'équipe du candidat socialiste.

Si François Hollande l'emporte le 6 mai prochain, il participera à peine un peu plus de dix jours après son élection au sommet de l'Otan les 20 et 21 mai à Chicago.

Jean-Yves Le Drian, pressenti pour être ministre de la Défense en cas de victoire socialiste, a expliqué dans un entretien à Reuters avoir indiqué en outre aux partenaires de la France que Paris réitérerait sa demande d'avoir davantage son mot à dire au sein du commandement intégré de l'Otan.

"Cette guerre n'est plus la nôtre", a déclaré Jean-Yves Le Drian. "L'Otan a annoncé le retrait pour 2014, nous estimons qu'il faut partir maintenant."

Le président du conseil régional de Bretagne s'est rendu à Washington et à Londres au cours des dernières semaines pour discuter avec les principaux partenaires de la France au sein de l'Otan.

"Je n'ai pas été applaudi ni à Londres ni aux Etats-Unis mais d'un autre côté je ne pense pas que ni les uns ni les autres n'aient été surpris, a-t-il ajouté. "Je pense qu'on a pris au sérieux cette posture".

Nicolas Sarkozy a qualifié de "totalement irresponsable et même dangereuse" le projet de retrait des troupes françaises de l'Otan, qu'il prévoit quant à lui fin 2013.

Jean-Yves Le Drian n'a pas souhaité faire de commentaire sur la manière dont un retrait aussi délicat serait géré, mais a déclaré que la France continuerait à soutenir une transition politique plus large dans le pays après le retrait.

"Cela ne veut pas dire que nous quittions l'Afghanistan. Nous sommes déterminés à poursuivre la coopération militaro-technique", a-t-il dit, citant la formation de l'armée et de la police afghane ainsi que le développement du pays.

RETRAIT ACCÉLÉRÉ COMPLIQUÉ

Selon les analystes, un retrait d'ici la fin de l'année pourrait être compliqué et risquerait de mettre en danger les troupes demeurant en Afghanistan.

Outre 2.200 soldats, la France compte en Afghanistan 14 hélicoptères, 400 véhicules et 1.000 conteneurs qui devront être évacués. Il faudra négocier des autorisations de l'Ouzbékistan et du Pakistan pour des passages routiers ainsi que des accords pour louer des avions assez grands pour transporter ces charges.

François Hollande s'est également montré réservé concernant la décision prise par Nicolas Sarkozy en 2008 de rejoindre le commandement intégré de l'Otan, dont le général de Gaulle avait retiré la France en 1966.

Jean-Yves Le Drian, qui connaît François Hollande depuis près de 30 ans, a déclaré que les socialistes renouvelleraient, en cas de victoire en mai, la demande formulée en 2008 par Nicolas Sarkozy d'avoir davantage d'influence au sein de l'Otan.

Il s'agit d'obtenir plus de postes pour les officiers français et une montée en puissance de la défense européenne.

"La France ne va pas changer de posture sur des enjeux aussi importants toutes les deux semaines", a dit Jean-Yves Le Drian. "Si on n'a pas satisfaction on essaie d'y remédier. On n'est pas dans le tout ou rien".

Avec Cyril Altmeyer, édité par Patrick Vignal

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