le ps se lance dans la bataille pour les européennes
le ps se lance dans la bataille pour les européennes © reuters

Le sujet a tendance à fâcher à gauche, mais les socialistes ont finalement trouvé une position commune en vue des prochaines européennes : réorienter l'Europe vers la croissance... et battre les droites européennes.

Le Parti socialiste a engagé dimanche, sur le thème de la confrontation avec les conservateurs européens, la bataille des élections européennes de 2014, un scrutin à haut risque pour le principal parti de la majorité en France.

Réunis en convention à Paris, les cadres du PS ont adopté à la quasi unanimité un document de synthèse appelant à la "confrontation avec les droites européennes", fruit d'un compromis avec l'aile gauche du parti.

"Le rassemblement des socialistes aujourd'hui ici, c'est le premier pas de la campagne des européennes de 2014", a déclaré en conclusion de la réunion le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, lui-même député européen.

En marge de la convention, il a confirmé à la presse qu'il se présenterait de nouveau l'année prochaine et conduirait la campagne du parti avec pour objectif, avec les autres formations sociales démocrates de l'Union européenne, de renverser l'actuelle majorité de droite au Parlement européen.

"Notre adversaire, ce sont les droites conservatrices européennes", a dit le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone. "N'ayons pas peur de la confrontation avec elles bloc contre bloc."

"Nous assumons cette confrontation politique, entre la droite et la gauche en Europe, entre les progressistes et les conservateurs", a renchéri quelques instants plus tard Harlem Désir, qui devrait être tête de liste en Ile-de-France.

Jean-Marc Ayrault, de passage à la Mutualité, est satisfait du résultat.

Le texte ratifié dimanche se présente comme une motion de soutien à la politique du président François Hollande pour une réorientation de la construction européenne en faveur d'une politique de croissance et d'une Union plus solidaire.

"Les conservateurs ont laissé la crise économique se muer en une crise de la construction européenne" et "veulent maintenant imposer une camisole d'austérité" à l'Europe, a déclaré Harlem Désir. "Nous ne les laisserons pas faire."

L'unité, un pari qui devra payer

Il a pris soin de préciser qu'il ne s'agissait pas d'une "confrontation avec une personne, encore moins avec un peuple" mais d'une "confrontation d'idées".

La première version de ce texte dénonçait "l'intransigeance égoïste de la chancelière Merkel", ce qui avait jeté le trouble entre Paris et Berlin. Le texte a ensuite été édulcoré.

La dernière version n'en déplore pas moins que le projet communautaire européen soit "aujourd'hui meurtri par une alliance de circonstance entre les conservateurs britanniques et l'intransigeance libérale de la droite allemande".

Elle intègre par ailleurs des amendements de la gauche du PS, qui durcissent quelque peu le texte.

Parmi les 14 priorités du principal parti de la majorité figurent une augmentation du budget européen, une révision du pacte de stabilité et le transfert de la politique de change aux autorités politiques de l'Union européenne.

Autant de demandes qui ont peu de chance d'aboutir, même avec une majorité sociale-démocrate au Parlement européen.

La députée européenne Constance Le Grip, secrétaire nationale de l'UMP, principal parti d'opposition de droite en France, a déclaré dans un communiqué que ce texte n'était pas à la hauteur des défis de l'Europe.

"C'est donc une convention socialiste pour rien comme si le seul et véritable intérêt de cet événement était qu'il permette d'afficher une unité de façade entre des tenants de lignes européennes tellement différentes qu'elles en sont tout à fait contradictoires", a-t-elle ajouté.

En conclusion de la convention, Harlem Désir avait pour sa part qualifié de "belle victoire" le vote du texte proposé parce que le PS avait "relevé le pari du débat dans l'unité."

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