Après des semaines d’attente, le rapport sur la compétitivité des entreprises conduit par Louis Gallois a été remis au Premier ministre et rendu public cet après-midi. Il contient 22 propositions pour redresser la compétitivité de la France.

Un « choc de compétitivité » : c’est ce que préconise Louis Gallois dans son rapport, remis aujourd’hui au Premier ministre. L’ancien patron d’EADS et de la SNCF, commissaire général à l’investissement, a travaillé depuis le mois de juillet sur ce rapport, qui a provoqué de nombreuses polémiques sur sa commande.

Objectif de ce rapport et de ses préconisations : enrayer l’augmentation du déficit commercial de la France (ce qui signifie que le pays importe plus de biens qu’elle n’en exporte). La part de la France dans le marché mondial a baissé de 6,3% en 1990, à 3,3% en 2011.

La mesure phare : une baisse du coût du travail

Ce « pacte » pour la compétitivité de l’industrie française comporte 22 propositions. Parmi elles, la plus attendue concerne la baisse du coût du travail ; une baisse estimée à 30 milliards d’euros selon le rapport, dont 20 milliards correspondant aux cotisations patronales et 10 milliards de baisse des cotisations salariales. Pour financer ce choc, Louis Gallois propose une hausse de la TVA (pour un montant de 5 à 6 milliards d’euros), et une hausse de deux points de la CSG, ce qui représenterait un gain de 22 milliards d’euros. D’autres impôts raporteraient entre 2 et 3 milliards d’euros.

Cette possible hausse de la TVA n’a pas été confirmée par Arnaud Montebourg. Le ministre du Redressement productif a cependant affirmé que « nous travaillons sur toutes les hypothèses ».

Pas d’exploitation du gaz de schiste

Parmi les autres mesures controversées que propose le rapport Gallois, on trouve une relance de la recherche sur les techniques d’exploitation des ressources en gaz de schiste ; ce qui pourrait permettre de maintenir un faible coût de l’énergie. Mais Matignon a d’ores et déjà précisé que cette mesure ne serait pas retenue : François Hollande avait rejeté, en septembre dernier, sept demandes de permis d’exploitation du gaz de schiste ; pas question pour le gouvernement de revenir sur ces décisions.

D’autres propositions « hors coût » ne devraient pas, quant à elles, poser problème : elles concernent la formation, l’aide à l’exportation, la recherche, le soutien aux PME innovantes, par exemple. Louis Gallois s’est également prononcé en faveur de la présence de représentants des salariés dans les Conseils d’administration.

Des mesures annoncées dès mardi

Matigon définira mardi matin les mesures qui seront exécutées. « Neuf d’entre elles ont déjà fait l’objet soit de commencements d’exécution, soit de préparatifs actifs », selon Arnaud Montebourg, « les autres feront l’objet de prises de décision dans le cadre du séminaire gouvernemental » qui se tiendra ce mardi. La grande incertitude repose notamment sur le financement que proposera le gouvernement pour la baisse du coût du travail. Selon l’hebdomadaire Le Point, cela pourrait se traduire entre autres par une hausse de la TVA de 19,6% à 20%.

Le rapport Gallois a été chaleureusement accueilli par l’opposition. Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, a déclaré qu’il soutenait le rapport Gallois. Le sénateur UMP Bruno Retailleau a même appelé François Hollande à nommer Louis Gallois « ministre de la Compétitivité ».

Lire le rapport Gallois (PDF)

Que contient ce rapport ? Réponse avec Marion L'Hour, du service économie de France Inter :

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.