ANNECY, 6 septembre (Reuters) - Pour les enquêteurs français, l'effarante tuerie des hauteurs du lac d'Annecy (Haute-Savoie) débute mercredi par l'appel d'un cycliste qui annonce avoir découvert une fillette blessée et quatre corps, dont trois à bord d'une voiture.

Cet ancien de la Royal Air Force, l'armée de l'air britannique, appelle les pompiers, puis les forces de l'ordre à 15h48 (13h48 GMT), d'après le récit fait jeudi par le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud.

L'homme, qui avait auparavant été doublé par un autre cycliste pédalant plus vite que lui, vient d'arriver sur un parking forestier en terre battue à Chevaline, point de départ de randonnées dans cette partie sauvage de la région.

Il aperçoit alors un break BMW, "moteur en marche", et voit s'avancer vers l'avant du véhicule une petite fille qui s'effondre sous ses yeux.

Il la met en position latérale, fait le tour de la voiture, et découvre à terre le cycliste qui l'avait auparavant distancé sur la route, "manifestement mort", selon Eric Maillaud.

Le Britannique, qui a une résidence dans la région, examine ensuite la BMW et brise la vitre du côté conducteur, à droite dans une voiture immatriculée au Royaume-Uni, sans que l'on sache si c'est parce que les portières étaient verrouillées.

Il coupe ensuite le contact et remarque "trois personnes qui lui semblent mortes".

L'enquête montrera qu'il s'agit probablement du propriétaire de la voiture, un Britannique d'origine irakienne, et de deux femmes, dont une plus âgée qui a un passeport suédois.

VOLONTÉ DE "FAIRE LA MORTE"

Peu après, la fillette qui s'est effondrée devant lui est transportée par hélicoptère au CHU de Grenoble, où elle est opérée et plongée dans un coma artificiel.

Elle souffre de fractures du crâne et semble avoir été blessée par balle à l'épaule. Pour Eric Maillaud, son agresseur la pensait probablement morte.

Pour le procureur, la quatrième victime est un cycliste français victime du hasard, Sylvain Mollier, né en avril 1967. "C'est un simple promeneur à bicyclette qui avait décidé de grimper la Combe à ce moment-là."

Vers 23h00 des résidents du camping de Saint-Jorioz où la famille semble s'être installée avec une caravane depuis quelques jours préviennent les enquêteurs : il y avait un second enfant.

Dans l'attente des experts scientifiques, les gendarmes n'ont pas touché aux corps dans la voiture. Ils ratissent alors à nouveau les parages avant de fouiller à nouveau le véhicule, où ne se trouvait qu'un seul siège pour enfant.

Une fillette de quatre ans est finalement découverte, prostrée, "sous la jupe" d'une des femmes décédées, "dans un environnement de sacs de voyage", dit le procureur.

Pas plus que les gendarmes, le médecin qui est venu constater en fin de journée les décès n'a remarqué la présence de la petite fille, "parfaitement immobile" et silencieuse. Un gendarme évoquera une "volonté de faire la morte".

Trois des quatre tués ont été touchés par balle, atteintes dans la tête.

Les enquêteurs pensent que le ou les tueurs ont utilisé un pistolet automatique. Au moins quinze douilles ont été retrouvées sur la scène du crime.

Des impacts de balles ont été retrouvés uniquement sur les vitres de la BMW.

Anyony Paone et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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