ATHENES (Reuters et France Inter) - L'incompréhension voire la consternation prédominent dans la zone euro au lendemain de la décision du Premier ministre grec George Papandreou de convoquer un référendum sur le nouveau plan européen de renflouement du pays. Avant l'organisation de ce référendum, les parlementaires grecs devront accorder leur confiance au Chef du Gouvernement. Une confiance qui est très loin de lui être acquise. L'analyse de la correspondante de France Inter à Athènes, Angélique Kourounis

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Dans les autres capitales européennes, on déplore une décision porteuse d'instabilité d'ici à l'organisation du scrutin, probablement en janvier, et, en cas de victoire du "non", le risque d'une nouvelle crise de l'euro.

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La décision vue de Bruxelles, par Quentin Dickinson

L'annonce surprise de Papandreou devrait également devenir une source d'embarras pour les Européens lors du sommet du G20, jeudi et vendredi à Cannes.

Les dirigeants de la zone euro ont accepté, à l'issue de leur sommet du 26 octobre à Bruxelles, de prêter 130 milliards d'euros à la Grèce et obtenu des créanciers privés qu'ils effacent 50% des quelque 210 milliards d'euros de titres grecs qu'ils détiennent.

En annonçant lundi sa décision de consulter les Grecs sur ce plan, George Papandreou a expliqué qu'il lui fallait obtenir un soutien politique élargi aux mesures d'austérité et aux réformes structurelles exigées par ses bailleurs de fonds.

Le dernier sondage publié sur la question, samedi par le journal To Vima, montre que près de 60% des Grecs jugent l'accord négatif. Beaucoup dénoncent une atteinte à la souveraineté du pays. Et selon Philippe Dessertine, Directeur de l'Institut de Haute Finance, il va être difficile d'imposer ce plan au peuple grec.

Pour l'économiste chypriote Christopher Pissarides, lauréat du prix Nobel, un rejet du plan d'aide augurerait mal de l'avenir de la Grèce au sein de l'euro. "Ce serait mauvais pour l'Union européenne et la zone euro en particulier, mais pire encore pour la Grèce", dit-il.

"En cas de victoire du 'non', la Grèce ferait défaut immédiatement. Je ne la vois pas rester dans l'euro."

Si les analystes ne s'avancent pas à prédire le résultat du référendum, ils attendent des semaines de volatilité sur les marchés en raison de l'incertitude que feront peser les préparatifs du scrutin.

Les premières réactions des places financières ont été négatives, l'euro a accru ses pertes contre le dollar et les marchés d'actions, de Francfort à Paris en passant par Londres, Madrid ou Milan, ont fermé dans le rouge mardi matin.

A Paris, le Président Nicolas Sarkozy a réuni les ministres concernés après s'être entretenu avec la Chancelière Angela Merkel. Il a réaffirmé sa conviction que le seul moyen d'éviter la faillite grecque et la mise en danger de toute l'économie européenne, c'est d'appliquer le plan élaboré la semaine dernière à Bruxelles.

Pour être validé, un référendum doit en Grèce, mobiliser au moins 40% des inscrits s'il s'agit d'une question "d'importance nationale cruciale" et 50% s'il s'agit d'une loi déjà votée par le parlement et qui porte sur une "question sociale importante".

George Papandreou, dont le Parti socialiste (Pasok) dispose d'une courte majorité de 153 élus sur 300 au parlement, demandera également dans les jours qui viennent un vote de confiance sur sa politique d'ici à la fin de son mandat en 2013.

Le débat devrait débuter mercredi et le vote intervenir le lendemain ou surlendemain, mais les commentateurs ne s'attendent pas à une censure du gouvernement.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, par Dina Kyriakidou, Harry Papachristou et France Inter

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