Aujourd'hui, lorsque le nom d'Aubrac est prononcé, l'opinion publique l'associe au prénom de Lucie, sa femme, figure emblématique de la résistance féminine, infatigable et fascinante conférencire auprès des élèves de l'Hexagone. Pourtant, son mari Raymond, joua un rôle encore plus éminent dans la Résistance.

Raymond Samuel de son véritable nom, né le 31 juillet 1914, le jour même de l'assassinat de Jean Jaurès, a grandi au sein d'une famille juive laïque installée à Dijon.

Brillant élève de l'école des Ponts et Chaussées, il se marie avec Lucie Bernard en 1939, jeune professeur d'histoire rencontrée au cours de réunions de sympathisants du Parti Communiste.

Peu après la défaite, il s'engage dans la Résistance sous les ordres d'Emmanuel d'Astier de la Vigerie dans le Mouvement « Libération-Sud » dont il devient très vite un haut responsable. Arrêté une première fois par la police française en mars 1943, il est relâché après une intervention intrépide de sa femme qui n'hésite pas à menacer ouvertement le procureur de Vichy.

Raymond Aubrac est resté militant jusqu'au bout, par Julie Seniura

Le 21 juin suivant, il est de nouveau arrêté, à Caluire, cette fois en compagnie des autres responsables des différents Mouvements ainsi que de Jean Moulin lui-même. A ce titre, il doit subir les interrogatoires musclés menés par Klaus Barbie, le chef du SD-Sipo de Lyon.

La torture de la Gestapo et la rencontre avec Klaus Barbie, Raymond Aubrac s'était confié à Antoine Spire sur France Culture

En octobre, il en réchappe à nouveau toujours grâce à Lucie qui organise une véritable opération commando. Tous deux réussissent à gagner Londres. A la Libération, le Général de Gaulle le nomme Commissaire de la République à Marseille. Il dirige aussi le service de déminage du pays. Peu après, Raymond Aubrac devenu pour un temps compagnon de route du PCF, s'intéresse de près, entre autres activités, à l'indépendance de l'Indochine, aidé en cela par des liens d'amitié tissés avec Ho Chi Minh. Plus récemment, le nom de Raymond Aubrac a resurgi dans le contexte de l'arrestation puis du procès de Klaus Barbie (1983-1987), ce dernier, sur la suggestion de son avocat Jacques Vergès, rédige en 1987 un « testament » dans lequel il présente Raymond Aubrac comme un agent double qui aurait permis l'arrestation de Jean Moulin.

L'historien Gérard Chauvy, bien que réfutant officiellement cette thèse, a pu paraître lui donner quelque crédit dans son ouvrage paru en 1997

« Aubrac : Lyon 1943 ». Ainsi mis en cause dans son honneur, Raymond Aubrac propose de s'expliquer devant une commission d'historiens patentés, rencontre effectivement organisée par le journal «Libération» et qui aboutit, au moins, à laver Raymond Aubrac de cette accusation infamante.

Raymond Aubrac a livré ses mémoires notamment dans son livre « Où la mémoire s'attarde » paru aux éditions Odile Jacob (1996)

La réaction de l'un de ses petits enfants, Olivier Vallade, chercheur à Sciences-Po Grenoble et spécialiste de la résistance, par Nicolas Crozel

Depuis le décès de sa femme, Lucie Aubrac, le 14 mars 2007, il consacre ses dernières forces à transmettre la mémoire de la Résistance aux plus jeunes.

La documentation de Radio France.

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