Albert II, le roi des Belges
Albert II, le roi des Belges © cope d'écran

"En ces temps perturbés que nous vivons, soyons vigilants et montrons-nous lucides face aux discours populistes ", c’est cette phrase prononcée par le souverain belge, lors de sa traditionnelle allocution télévisée prononcée à la veille de Noël qui déclenche une crise politique dans le pays. Dans son discours, Albert rappelle à ses concitoyens que "La crise des années 30 et les réactions populistes de cette époque ne doivent pas être oubliées. On a vu le mal que cela fit à nos démocraties ".

Bart De Wever, le leader de l’Alliance flamande qui milite ouvertement pour une "république flamande" et attribue une grande part des difficultés économiques du royaume à la Wallonie, s’est senti visé par les propos du roi, bien qu’il n’ait cité le nom d'aucune formation politique actuelle.

L’homme politique le plus populaire de Flandre s’en est ému au point d’accuser le roi –symbole de l’unité nationale- de vouloir diviser le pays. "Le souverain doit être au dessus de la mêlée afin de représenter l'ensemble de la nation. Mais Albert II ne remplit pas correctement ce rôle", at-il écrit dans une tribune publiée par le quotidien flamand De Standaard.

Interviewé par une télévision néerlandophone, De Wever a jugé qu'une "royauté politique est incompatible avec la démocratie".

Sans aller jusqu'à demander l'abdication du roi, le leader de l’Alliance flamande estime que le roi n'est plus en mesure de jouer son rôle "d'arbitre", qui consiste principalement à désigner la personnalité chargée de former le gouvernement et réclame un "autre système" pour les lendemains des législatives de juin 2014.

A Bruxelles, Grégoire Lory

L'ensemble de la presse flamande s'était montrée sévère elle aussi, jugeant que le discours d'Albert II vise effectivement la première formation politique néerlandophone.

Plusieurs politologues ont regretté également la tonalité de ce discours "Le souverain doit être au-dessus de la mêlée politique afin de pouvoir représenter l'ensemble de la nation", écrit l’un d’entre eux. Un autre se demande qui a écrit le discours et s’il y a eu rajout du passage sur les années 30.

Le souverain a officiellement rédigé lui-même son allocution, qu'il a fait relire, comme la loi l'y oblige, par le premier ministre, donc le socialiste Elio di Rupo.

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