Cette décision, portant sur l'un des plus importants sites de téléchargement au monde, survient alors que le débat bat son plein outre-Atlantique sur deux projets de loi visant à renforcer la lutte contre le téléchargement illégal.

Les fondateurs de la plate-forme de partage de fichiers, baptisée "Mega Conspiracy" par les procureurs, sont accusés d'avoir entraîné plus de 500 millions de dollars de perte pour les ayant-droits et d'avoir généré 175 millions de dollars de profit via les abonnements et la publicité.

A ce titre, un tribunal fédéral de Virginie a ordonné jeudi la fermeture de dix-huit autres noms de domaine affiliés à Megaupload et a également saisi quelque 50 millions de dollars d'avoirs.

Une vingtaine de mandats d'arrêts ont été émis aux Etats-Unis et jusqu'à huit autres à l'étranger. Les fondateurs du site, Kim Dotcom, également connu sous le nom de Kim Schmitz et de Kim Tim Jim Vestor, et Mathias Ortmann, qui figurent parmi les personnes inculpées jeudi, ont été arrêtés à Auckland, en Nouvelle Zélande, par les autorités locales, selon le département américain de la Justice.

Ils risquent jusqu'à 20 ans de prison pour conspiration de racket, conspiration de violation de copyright et conspiration de blanchiment d'argent.

OPPOSITION A SOPA ET PIPA

Pour protester contre la fermeture du site, des pirates informatiques s'en sont pris aux sites internet du département américain de Justice et d'Universal Music, entre autres.

"Le gouvernement ferme Megaupload ? Quinze minutes plus tard, Anonymous ferme des sites du gouvernement et de labels musicaux", ironise un membre d'Anonymous sur le site de microblogging Twitter.

A Paris, le président français Nicolas Sarkozy a salué la décision de justice prise à l'encontre du site de téléchargement.

"La mise à disposition illégale, par ce service, d'ouvres protégées par le droit d'auteur, permettait à ses promoteurs de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires ou d'abonnements de ses usagers", indique l'Elysée dans un communiqué transmis tard jeudi.

"C'est le financement des industries culturelles dans leur ensemble qui est mis en cause par ce type d'opérateurs. Le moment est donc venu d'une collaboration judiciaire et policière active entre Etats pour porter un coup d'arrêt à leur développement."

La décision de la justice américaine survient au lendemain d'une action coup de poing de l'encyclopédie participative en ligne Wikipedia qui a fermé mercredi son site internet en langue anglaise pour protester contre les projets de loi américains SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act).

Le projet de loi SOPA vise à enrayer le téléchargement illégal en obligeant notamment un site tiers à bloquer l'accès à d'autres sites dont les offres violent les lois américaines sur le droit d'auteur. Mais les critiques sont nombreuses et certains dénoncent un "filtrage" ou une censure d'internet.

(Marine Pennetier pour le service français)

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