Le grand stade de Lille Métropole, construit  pour l'Euro 2016
Le grand stade de Lille Métropole, construit pour l'Euro 2016 © Maxppp

La Cour des Comptes a rendu public un rapport accablant sur le financement du sport. Elle stigmatise le lent mais inexorable dévoiement des subventions versées par le Centre National de développement du sport (CNDS), dont les fonds sont théoriquement dédiés à la pratique de masse.

Ce glissement vers des missions qui ne sont pas les siennes a conduit à la "critiquable participation du centre à la construction/rénovation des stades de l'Euro de football 2016" à hauteur de quelque 160 millions d'euros, et doit être endigué, selon le rapport.La subvention des grands stades, d'autant plus déroutante que ces enceintes accueilleront après l'Euro-2016 des clubs professionnels sinon opulents du moins économiquement autonomes, est une aberration.

En dotant les grands stades, les Arenas, en finançant les équipes de France, le CNDS a oublié ses missions premières rappelées donc par la Cour des Comptes: "il conviendrait en conséquence que le CNDS modifie sensiblement son mode d'intervention. Son action devrait porter sur des projets de taille significative et répondant uniquement à l'objectif d'un accroissement de la pratique sportive des publics qui en sont le plus éloignés."

Le gouvernement souhaite réformer le CNDS

Les auteurs de ce rapport vont dans le sens de la politique engagée par la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, farouchement hostile à l'utilisation actuelle du CNDS, "parti complètement ailleurs" en matière de financement selon elle.

Créé en 2006, le CNDS avait initialement pour vocation de "développer la pratique sportive pour tous les publics", avec un accent sur les jeunes, les habitants des quartiers populaires, les handicapés, les femmes, et de "contribuer à l'aménagement du territoire". Sa dotation (270 M EUR) est supérieure depuis 2011 aux crédits budgétaires alloués au sport par l'Etat (230).

Les principaux points développés dans le rapport, par Nicolas Fillon

### Un budget précaire Mais ses sources de financement restent précaires: la taxe sur les jeux en dur de la Française des Jeux (2,1%), la taxe Buffet (5% des droits TV de la L1), taxe sur les mises des paris en ligne (1,5% des sommes jouées sur internet)"C'est un instrument de correction des inégalités sur les territoires", plaide Valérie Fourneyron, engagée par ailleurs depuis novembre dernier dans un difficile rééquilibrage des comptes de l'institution, endettée à hauteur de 464 millions d'euros.
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