Même si nous entendons parfois parler de l’élection__ d’un nouveau président de la République Populaire de Chine, le 8 novembre n’est pas la date d’un scrutin, mais celle de l’ouverture du 18e Congrès du Parti Communiste Chinois (PCC). Cet événement, qui se déroule tous les cinq ans, est en effet le moment où le président est désigné par l’Assemblée Nationale Populaire : c’est le vice-président Xi Jinping, pressenti depuis des mois pour prendre la succession de Hu Jintao, qui devrait récupérer les rênes du pays. Mais, de façon tout aussi importante, c’est aussi lors de ce Congrès qu’est renouvelé, une fois sur deux (soit tous les dix ans) le Comité permanent du bureau politique du parti. Autrement dit, c’est là que sont nommés tous ceux qui vont diriger la Chine dans les cinq prochaines années : le Politburo du parti exerce une influence incontestable sur toutes les institutions du pays. Il est dirigé par le secrétaire général du PCC… qui est également le Président de la République de Chine.

En Chine, le vote se fait sur un modèle de suffrage plusieurs fois indirect : cela signifie que le président n’est pas élu par le peuple mais – en théorie – par l’Assemblée nationale populaire. Mais ça ne s’arrête pas là : les 3000 membres de l’ANP sont eux-mêmes élus par les membres des Assemblées provinciales populaires. Eux-mêmes sont élus par des assemblées à plus petite échelle, et ainsi de suite… les plus petites assemblées locales, elles, sont élues par le peuple.

Mais ce schéma théorique ne sert en réalité à rien : l’ANP n’est là que pour entériner la proposition du PCC, qui désigne, de fait, le chef de l’Etat. Car le président est, par ailleurs, choisi pour devenir premier secrétaire du Parti Communiste, ce qui lui permet de siéger à la tête du politburo (le bureau politique) du parti, dont les membres sont présents dans les hautes sphères des grandes institutions, en particulier l’Assemblée nationale populaire elle-même, ainsi que le Conseil d’Etat, qui représente le pouvoir exécutif.

C’est donc cet empilement des fonctions qui confère au président une forte concentration des pouvoirs à la tête du pays. Mais le mode de fonctionnnement n'est pas figé : en 2003, Hu Jintao, par exemple, a été élu président de la République Populaire de Chine et secrétaire général du PCC, sans être pour autant président de la Commission militaire centrale chinoise (poste qu'il finit par occuper en 2005). Ce qui a donné lieu à un imbroglio institutionnel : en tant que secrétaire général du Parti, il pouvait donner des ordres à la CMC du Parti, elle-même pouvant obliger la CMC de l'Etat à les exécuter... alors même que cette CMC de l'Etat avait son propre président.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.