L'affaire Florence Cassez vue de France, c'est aussi la découverte d'un système judiciaire différent du nôtre. Un système complexe critiqué par les soutiens de la Française.

La police judiciaire

L’AFI, l’Agence fédérale d’investigation, l’équivalent de notre police judiciaire, est accusée d’avoir organisé le montage médiatique de l’arrestation de Florence Cassez et Israel Vallarta. À sa tête, Genaro Garcia Luna, devenu ensuite ministre de l’Intérieur. Il prendra à plusieurs reprises ses positions contre Florence Cassez.

En prison…

livre cassez image
livre cassez image © Radio France

« Il y a des hommes et des femmes, à peu près 200, qui changent très souvent puisque personne ne reste plus de trois mois. C’est la loi mexicaine qui fixe à trois mois maximum la durée des séjours à l’arraigo. En attendant, on est obligé de porter des tee-shirts de couleur imposée. Vert pour ceux qui sont accusés de blanchiment d’argent, jaune pour les narcotrafiquants et rouge pour les auteurs d’enlèvements. Je ne le supporterai jamais, ce tee-shirt rouge. Pour moi, l’enlèvement, c’est le pire des crimes. (…) Quand mes voisines de cellule sont parties, j’ai demandé à rester seule. Certaines étaient accusées d’avoir attaqué un fourgon blindé et d’autres de trafic de drogue. L’une d’entre elles m’avait laissé un tee-shirt jaune avant de partir et je le portais la nuit pour dormir. Quand un gardien me l’a fait remarquer, sans me l’interdire pourtant, je lui ai juste dit que je dormais mieux en "narcotrafic". »

Florence Cassez évoque longuement ses conditions pénitentiaires dans son livre "À l'ombre de ma vie". Un livre co-écrit avec le journaliste de la Voix du Nord Eric Dussart. Il est au micro de Pascale Thiebold de France Bleu Nord, le 4 février 2010.

Le pourvoi en cassation

famille cassez avocat
famille cassez avocat © Radio France

L’Amparo est l’équivalent de notre pourvoi en cassation. Pour Florence Cassez, il constitue l’une des dernières contestations possibles devant la justice mexicaine de sa condamnation à 60 ans de prison prononcée le 2 mars 2009 par le tribunal fédéral. Le texte qu’elle présente quelques jours après à la cour est un document de 113 pages, signé de sa main et écrit à la première personne ; un texte rédigé par ses avocats, Mes Frank Berton, Horacio Garcia et Augustin Acosta.

Franck Berton, l'un des trois avocats de Florence Cassez, au micro de Sophie Morlans, le 31 août 2010.

L’article 16 de la Constitution

Le 18 avril 2010, la justice mexicaine dévoile un document datant de 2007 prouvant que la véritable arrestation de Florence Cassez et Israel Vallarta a eu lieu la veille de celle présentée devant les médias. Une manipulation médiatique menée par la police judiciaire mexicaine qui est contraire à l’article 16 de la Constitution mexicaine de 1817 : le texte prévoit en effet qu’une personne interpellée au Mexique doit être livrée immédiatement aux autorités judiciaires du pays. La violation de l’article 16 est l’un des principaux arguments soulevés par les avocats de Florence Cassez lors de son pourvoi en cassation.

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L'avocat mexicain de Florence Cassez, Augustin Acosta, au micro de Nathalie Hernandez, le 21 mars 2012.

La Cour suprême

Cour suprême
Cour suprême © Reuters

C'est le dernier espoir de Florence Cassez après ses échecs devant la justice ordinaire. Cinq juges se réunissent une première fois le 21 mars 2012. Quatre d'entre eux ont alors reconnu les irrégularités dénoncées par la défense. Mais seulement deux se sont prononcés pour sa libération immédiate, avec annulation de la peine. Or, la décision de la Cour ne peut être prise qu'à la majorité : il faut donc que trois juges tombent d'accord.

Le 23 janvier 2013, la Cour doit à nouveau se réunir. Elle débattra sur la base du rapport de Olga Sanchez, qui propose la libération de la Française et son renvoi devant la Cour d'appel. Entre les deux audiences, la composition de la Cour a changé. Le seul juge qui n'avait pas reconnu l'illégalité des preuves est remplacé par un juge qui se prononcera pour la première fois dans cette affaire. Une nouvelle indécision de la Cour pourrait aboutir à un renvoi devant les onze membres de la Cour suprême réunis en plénière, une hypothèse pleine de nouvelles incertitudes.

Le recours devant la Cour suprême ou la perspective d'un recours international constituent les derniers espoirs pour Florence Cassez. Les explications de Charlotte Piret, le 12 février 2011.

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