Infographie Niger
Infographie Niger © IDE

Les attentats suicide islamistes au Niger contre une base militaire à Agadez et une mine d'uranium d'Areva à Arlit, plus au nord, ont fait 21 morts et des dizaines de blessés. Une attaque qui pourrait avoir été coordonnée par Motkhtar Belmokhtar.

Ces actions coordonnées, menées à l'aube, ont été revendiquées par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest (Mujao), pour venger l'intervention militaire de la France lancée en janvier au Mali voisin pour chasser les groupes djihadistes qui s'étaient emparés du nord du pays.

Ce qui tend à montrer que, malgré l'intervention française, le Mujao et les autres groupes djihadistes maliens restent capables d'actions d'envergure au Sahara. D'ailleurs selon une agence mauritanienne, c'est Mokhtar Belmokhtar qui serait le responsable de ce double attentat. On l'annonçait pourtant mort il y a quelques semaines.

Le mouvement fait même de nouvelles menaces. Les explications de Luc Lemonnier.

A Arlit, 14 civils au moins ont été blessés et deux islamistes tués lors de l'explosion d'une voiture piégée à la mine d'uranium de la Somaïr, la plus importante du pays.

Areva, qui contrôle 63% du capital de la Somaïr, a par la suite indiqué qu'un membre de son personnel avait succombé à ses blessures. Il n'y a pas de Français parmi les victimes, a dit un porte-parole du gouvernement nigérien.

Le groupe a, en conséquence, décidé de suspendre la production dans sa mine d'uranium "jusqu'à nouvel ordre". Cette mine représente près de 30% de la production d'uranium d'Areva.

A Agadez, 20 soldats nigériens au moins ont été tués et 16 autres blessés au cours d'une attaque lancée par des kamikazes, a annoncé le ministre nigérien de la Défense, Mahamadou Karidjo, à la radio d'Etat. Trois islamistes ont également été tués.

Ce qui est sûr c'est que l'attaque ne devait rien au hasard. Antoine Giniaux.

Le Niger et la France visés

Le Niger a joué une rôle crucial lors de la crise malienne, dépêchant notamment 650 soldats dans le cadre de la force africaine Misma. Les Etats-Unis y ont déployé un drone de surveillance et ont entraîné les forces ouest-africaines destinées à servir au Mali.

C'est un pays cléde la lutte contre le terrorisme. Les explications d'Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique.

En déplacement en Allemagne, François Hollande a assuré que Paris appuierait "tous les efforts des Nigériens pour faire cesser la prise d'otages" et "anéantir" le groupe qui a mené ces attaques.

Pour le président de la République, cet attentat ne change rien à l'engagement de la France au Mali.

"Que chacun comprenne bien que nous ne laisserons rien passer", a dit le président français. "Il ne s'agit pas d'intervenir au Niger comme nous l'avons fait au Mali mais nous aurons la même volonté de coopérer pour lutter contre le terrorisme et nous protégerons aussi nos intérêts."

C'est la première fois que le MUJAO vise des sites au Niger. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, de l'Institut de recherche pour le développement.

L'extraction d'uranium au Niger, qui représente environ 20% des besoins français, est stratégique pour Areva, tant pour l'alimentation des centrales nucléaires françaises que pour la vente de cette matière à ses clients étrangers.

Une partie de cette production provient du site de la Somaïr (Société des mines de l'Aïr), à Arlit. C'est sur ce site que Pierre Legrand, Daniel Larribe, son épouse Françoise, Thierry Dol et Marc Furrer avaient été enlevés le 16 septembre 2010 par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Areva emploie environ 2.700 salariés au Niger, dont 98% sont des Nigériens. Une trentaine d'expatriés travaillent sur les sites d'Imouraren et d'Arlit.

"Le renforcement de la sécurité sur tous nos sites est assuré par les forces nigériennes", précise Areva dans son communiqué. En janvier, des sources françaises avaient annoncé que Paris comptait dépêcher des forces spéciales pour renforcer la sécurité.

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