[scald=114521:sdl_editor_representation]par Ju-min Park

SEOUL (Reuters) - La Corée du Nord a procédé vendredi au tir d'une fusée à l'origine d'une vive condamnation de la part de la communauté internationale mais cette tentative s'est officiellement soldée par un échec.

Malgré les pressions exercées par les Etats-Unis et par d'autres Etats, Pyongyang a mis à exécution son projet de lancement d'une fusée Unha-3 qui avait été accueilli par une mise en garde de la Chine, un des seuls soutiens dont bénéficie le gouvernement nord-coréen.

Un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense a indiqué à la presse à Séoul que le tir de la fusée avait eu lieu à 07h39 (22h39 GMT).

Selon la chaîne de télévision NHK, citant une source au ministère japonais de la Défense, l'engin a parcouru environ 120 km avant de se briser en quatre morceaux qui se sont abîmés en mer au large des côtes occidentales de la péninsule coréenne.

Le ministère japonais de la Défense, qui avait placé le pays en état d'alerte maximale, a précisé que le territoire nippon n'avait subi aucun impact.

"Les services de renseignement sud-coréens et américains estiment que le lancement du missile nord-coréen a échoué", a dit un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense à la presse.

Fait inhabituel, le pouvoir nord-coréen a officiellement confirmé l'échec de cette tentative par la voix de l'agence de presse gouvernementale KCNA. "Scientifiques, techniciens et experts vérifient actuellement la cause de cet échec", écrit l'agence.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a prévu de se réunir vendredi pour discuter d'une réponse possible à apporter, ont indiqué des diplomates occidentaux précisant que la Chine n'irait pas au-delà d'une réprimande à l'égard de Pyongyang.

WASHINGTON PARLE DE "PROVOCATION"

Le gouvernement nord-coréen affirmait que ce tir de fusée était destiné à mettre en orbite un satellite météorologique mais la communauté internationale le considérait comme un essai déguisé de lancement de missile balistique intercontinental.

Pour les Occidentaux, ce test grandeur nature devait aider l'armée nord-coréenne à progresser sur la voie de la maîtrise d'armes de destruction massive et il constituait une infraction à des résolutions de l'Onu.

La Maison blanche a immédiatement réagi en estimant que ce tir devait être considéré comme un acte de "provocation" qui menace la sécurité régionale, viole les lois internationales et contredit les récents engagements de la Corée du Nord.

"Bien que cette action ne soit pas une surprise compte tenu du comportement agressif de la Corée du Nord, la communauté internationale s'inquiète de toutes les activités de la Corée du Nord liées à des missiles", a dit Jay Carney, porte-parole de la présidence américaine.

"Les Etats-Unis demeurent vigilants face aux provocations de la Corée du Nord et restent pleinement déterminés à assurer la sécurité de leurs alliés dans la région", a-t-il ajouté.

Le Japon, qui a également dénoncé une "provocation extrême" pour sa sécurité nationale, a fait savoir qu'il envisageait désormais des sanctions économiques contre la République populaire de Corée suivant la réponse qu'apportera la communauté internationale.

"Il est clair que la Corée du Nord a lancé un objet volant et que je vais considérer la manière de répondre à cela en prenant en compte les actions de la communauté internationale", a dit le ministre japonais des Finances, Jun Azumi.

Le lancement a eu lieu depuis la base de Tongchang-ri, située sur la côte nord-ouest du pays à proximité de la frontière chinoise.

Il s'agit de la deuxième tentative de ce genre visant à mettre un satellite en orbite après l'échec déjà enregistré en 2009 qui avait pourtant été présenté par le gouvernement nord-coréen comme un succès.

Ce tir fait partie des célébrations organisées à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur de la République démocratique de Corée du Nord.

Il intervient après un accord d'aide alimentaire passé avec les Etats-Unis et qui visait à apaiser les tensions sur la frontière la plus militarisée du monde.

Ju-min Park, Pierre Sérisier pour le service français

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