VIDÉO - Jusqu’où le synode sur la famille ira-t-il ? Un premier résumé des travaux en cours témoigne d’une plus grande tolérance de l’Église envers les couples divorcés et les homosexuels. Au risque de heurter certains cardinaux et fidèles.

Les homosexuels n’ont pas encore tout à fait voix au chapitre mais ils sont désormais considérés par l’Eglise catholique. Un premier rapport de synthèse (consultable sur le site du Vatican en anglais ) résume les échanges de la première semaine de discussions des 182 évêques et cardinaux présents pour ce synode sur la famille.

Sous le titre "accueillir les personnes homosexuelles" , le synode pose une série de questions : les homosexuels ont des "dons et qualités" à offrir à l’Eglise, "nos communautés peuvent-elles leur apporter un espace accueillant, fraternel, et accepter leur orientation sexuelle sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage ? "

Le texte rappelle que les "unions" entre personnes de même sexe ne peuvent être mises sur le même plan que les "mariages" entre un homme et une femme mais il rend compte pour la première fois des liens forts qui peuvent unir deux personnes : "Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu'il existe des cas où le soutien réciproque jusqu'au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. "

A Rome, Anaïs Feuga revient sur le rapport de synthèse du synode

Le synode inscrit aussi ses réflexions dans le débat sur la reconnaissance des droits des enfants : "L'Eglise prête une attention spéciale aux enfants qui vivent avec des couples de même sexe, en insistant que les droits des petits doivent être toujours au premier rang."

Des réticences notamment des cardinaux africains

Cette première synthèse gomme les divergences très vives au sein de l’Eglise catholique sur la reconnaissance des homosexuels. Dès la publication du rapport, les cardinaux africains ont dévoilé un peu du huis clos du synode soulignant que les débats avaient très peu porté sur cette question, avec selon eux, six interventions sur 180.

Plusieurs évêques ont également souligné qu’il s’agissait d’un texte provisoire et que le texte final serait sûrement plus pondéré, rappelant notamment que l’homosexualité reste un pêché aux yeux de l’Eglise catholique.

Pour les cardinaux proches du pape François, il s’agit surtout de modifier le regard de l’Eglise : pas de condamnation, mais de l’attention à l’égard des homosexuels. " Sans nul doute, nous avons été lents à assumer un regard respectueux de la dignité et de l'égalité des personnes homosexuelles " a expliqué dans le quotidien italien La Reppublica , Monseigneur Angelo Scola, cardinal conservateur proche de Benoît XVI.

"Ne pas brader le mariage"

Le texte du synode marque aussi une plus grande tolérance envers les couples divorcés puis remariés qui actuellement n'ont plus accès à la communion. Une vraie douleur et un sentiment d'exclusion partagés par de nombreux Catholiques français. A l'inverse beaucoup de fidèles s'inquiètent de ces évolutions de l'Eglise et souhaitent que le mariage ne soit pas bradé et reste l'un des piliers forts de la religion catholique.

Paroles de Catholiques français sur les "divorcés-remariés"

Les laïcs ont la parole

Au-delà de la question sur les croyants homosexuels, ce synode a déjà bousculé les codes du genre. Evêques et cardinaux sont réunis à huis clos à Rome mais ils ont accueilli pour la première fois des laïcs venus témoigner, des hommes et des femmes croyants qui doivent parfois composer entre leurs impératifs quotidiens et les principes catholiques.

La parole laïque au cœur du synode est un signe de son ouverture, loin des débats doctrinaux qui prévalent habituellement. De même, le Pape a souhaité une parole plus libre avec des moments de libres échanges entre évêques et cardinaux.

Ce synode est une première étape. Le texte final sera discuté dans chaque diocèse avec les fidèles avant un nouveau synode dans un an. A l’issue de ce second rendez-vous, on saura jusqu’où le pape François souhaite prendre en compte les évolutions des modes de vie des familles.

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