Cette année, selon Marisol Touraine, le déficit de la Sécurité sociale devrait être "un peu inférieur" à 13 milliards
Cette année, selon Marisol Touraine, le déficit de la Sécurité sociale devrait être "un peu inférieur" à 13 milliards © MaxPPP

Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, a annoncé que le déficit de la Sécurité sociale sera "un peu inférieur" à 13 milliards d'euros cette année et ramené sous la barre symbolique des 10 milliards en 2016.

"L'objectif, pour l'année prochaine, c'est d'aller en dessous de cette barre symbolique des 10 milliards ", expliquait ce jeudi la ministre des Affaires sociales, avant de présenter son projet de budget à la Commission des comptes de la Sécurité sociale.

Le système des retraites en léger excédent en 2016

Cette année, selon Marisol Touraine, le déficit de la Sécurité sociale devrait être « un peu inférieur » à 13 milliards. Selon les dernières prévisions de la Commission, les déficits cumulés du régime général (maladie, vieillesse, famille, accident du travail) et du FSV atteindront 12,8 milliards d'euros en 2015, soit 400 millions d'euros de moins qu'en 2014. Le système des retraites devrait, lui, présenter en 2016 un léger excédent : pour la première fois depuis 2004, la branche vieillesse présente ainsi un solde positif.

Dans son rapport, la Commission impute quant à elle ce succès à la réforme de 2010, c'est-à-dire au recul de l'âge de départ à la retraite à 62 ans, ainsi qu'à l'absence de revalorisations des pensions, liée à une inflation quasi nulle. Le déficit de la branche famille se résorberait de plus de 1 milliard d'euros par rapport à 2014, (à -1,6 milliard), notamment grâce à la modulation des allocations familiales, entrée en vigueur en juillet.

L’assurance maladie, éternel mauvais élève

Pour autant, l'assurance maladie reste malgré elle la mauvaise élève de la Sécurité sociale : son déficit se creuserait à 7,4 milliards d'euros en 2015, contre 6,5 milliards un an plus tôt, et ce malgré une progression des dépenses limitée à 2%, conformément aux prévisions du gouvernement. En cause : la faible croissance, une inflation nulle et un taux de chômage élevé, lesquels ont mécaniquement entrainé la baisse des cotisations, incapables de compenser la hausse naturelle des dépenses, liée au vieillissement de la population comme à l'extension des maladies chroniques et du progrès technologique.

Virage ambulatoire, limitation des arrêts de travail : quelles pistes ?

Pour l’année 2016, le gouvernement entend resserrer la vis pour limiter la progression des dépenses à 1,75%. L'un des plus gros leviers du plan d'économiessera sans doute le virage ambulatoire, c'est-à-dire des actes techniques réalisés à l'hôpital mais pour lesquels le patient y séjourne moins longtemps. Une mesure qui pourrait représenter une économie de 78 millions d’euros pour les accouchements et jusqu’à 69 millions d’euros pour les patients opérés en orthopédie. La limitation des arrêts de travail est une autre piste, avec 100 millions d’euros d’économie à la clé, tandis que qu’une meilleure régulation des transports sanitaires représenterait, à terme, elle, 110 millions d'économies.

Pas de taux de remboursement unique

D’autres marges pourraient enfin être réalisées par des réformes plus structurelles telles que les regroupements hospitaliers et la fermeture de certains services. Sur le volet "médicament", la ministre a exclu l’idée d'un taux de remboursement unique, pourtant préconisé dans un récent rapport. En revanche, elle entend faire baisser les prix, ainsi que le volume des prescriptions. Ces pistes seront détaillées dans un plan triennal de plus de dix milliards d'euros d'ici à la fin du quinquennat, seront prolongées dans le projet de budget.

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