[scald=219945:sdl_editor_representation]par Philip Pullella

CITE DU VATICAN (Reuters) - Le Vatican a ordonné mercredi aux cardinaux réunis en congrégations générales de ne plus parler aux médias, tandis que l'hypothèse d'un conclave commençant dès le début de la semaine prochaine semble de moins en moins probable.

Les cardinaux ont poursuivi mercredi leurs discussions entamées lundi pour tenter de cerner au plus près la personnalité idéale pour succéder au pape Benoît XVI, qui a renoncé à sa charge jeudi dernier pour des raisons de santé.

Plusieurs cardinaux américains, qui avaient établi un rendez-vous quotidien depuis le début de la semaine avec les journalistes, ont annulé cette fois la rencontre.

Le père Francesco Lombardi, porte-parole du Vatican, a expliqué que les consultations, préalables au conclave qui doit élire le futur souverain pontife, devaient se dérouler dans "un climat de confidentialité."

Lors de leur rencontre avec la presse, les prélats s'en tenaient à des considérations générales sur le contenu des délibérations et exposaient leurs espoirs et leurs craintes sur le devenir de l'Eglise catholique confrontée à un contexte pratiquement inédit.

Le père Lombardi a souligné que le chemin conduisant les cardinaux au conclave constituait "une situation particulière, il ne s'agit pas d'une conférence."

La seule source officielle d'information sur le déroulement des congrégations sera désormais le porte-parole du Saint-Siège.

Une porte-parole des cardinaux américains a déclaré que "des craintes" avaient été exprimées lors de la réunion de mercredi "au sujet de possibles fuites dans la presse italienne concernant des procédures confidentielles."

"Par précaution, les cardinaux (américains) ont accepté de ne plus donner d'interviews", a-t-elle ajouté.

UN NOUVEAU PAPE AVANT LES RAMEAUX

Les 115 cardinaux de moins de 80 ans qui éliront le futur pape sont tous désormais arrivés à Rome, à l'exception de deux d'entre eux.

Ils ont jusqu'au 20 mars pour commencer le conclave, et semblent vouloir se donner le temps de la discussion et de la réflexion avant de pénétrer dans la chapelle Sixtine pour n'en ressortir qu'en ayant trouvé le successeur de Benoît XVI.

Certains observateurs pensaient que le conclave pourrait commencer dès dimanche ou lundi, mais tout laisse aujourd'hui penser que cela ne sera pas le cas.

L'objectif reste toutefois d'avoir un nouveau pape pour les cérémonies de la semaine sainte, qui débuteront le dimanche des Rameaux le 24 mars et culmineront le dimanche de Pâques marquant la résurrection du Christ.

Elu en avril 2005, Benoît XVI, invoquant des raisons de santé, a officiellement quitté le trône de saint Pierre jeudi dernier et s'est retiré pour quelques semaines dans la résidence d'été des papes à Castel Gandolfo, au sud-est de Rome, avant de s'installer le mois prochain dans un couvent des jardins du Vatican.

Le nouveau pontife aura notamment à répondre aux défis posés à l'Eglise par la révélation ces dernières années de scandales sexuels remontant pour la plupart à plusieurs décennies mais qui ont créé un profond malaise.

Il devra également s'attaquer aux affaires de corruption, de mauvaise gestion et de rivalités au sein du Vatican.

Avec Crispian Balmer, Pascal Liétout pour le service français

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