marée humaine aux obsèques d'hugo chavez
marée humaine aux obsèques d'hugo chavez © reuters

Une foule immense et une trentaine de chefs d'Etat ont assisté vendredi aux obsèques solennelles d'Hugo Chavez à Caracas. Nicolas Maduro, président par intérim, a promis de nouvelles élections dans un délai de 30 jours.

Des centaines de milliers de Vénézuéliens se sont pressés depuis deux jours pour défiler devant la dépouille du président défunt. Personnage charismatique autant adulé par ses partisans qu'honni par ses adversaires, Hugo Chavez a succombé mardi à un cancer à l'âge de 58 ans.

Son corps va être embaumé, puis exposé "pour l'éternité" dans un musée militaire, à l'image du traitement réservé à Lénine, Staline et Mao après leur mort.

L'objectif c'est qu'Hugo Chavez reste présent, par delà sa mort. Romain Migus est un sociologue français, installé à Caracas depuis 8 ans.

Depuis mercredi soir, ses partisans ont envahi les places entourant l'académie militaire où son cercueil a été transporté après une longue procession empreinte de ferveur dans les rues de la capitale du Venezuela.

En pleurs ou faisant le signe de croix, plus de deux millions de personnes se sont déjà recueillies devant sa dépouille, qui restera exposée sept jours supplémentaires afin de permettre aux nombreux Vénézuéliens qui le souhaitent de lui rendre un dernier hommage.

Nour-Eddine Zidane a assisté aux funérailles.

"Toutes ces mesures sont prises afin que le peuple puisse être pour toujours avec son leader", a déclaré le vice-président Nicolas Maduro.

Nicolas Maduro, qu'Hugo Chavez a désigné comme son dauphin, a par la suite prêté serment en tant que chef d'Etat par intérim.

Il sera ensuite le favori de l'élection présidentielle censée être organisée dans un délai de 30 jours, même si des responsables vénézuéliens évoquent un possible report en raison de l'impréparation du pays, aussi bien sur les plans émotionnel que logistique. Selon un journal proche de l'opposition, le scrutin pourrait toutefois avoir lieu d'ici le 14 avril.

Maduro, favori dans les sondages, devant Capriles

Deux récents sondages donnaient une solide avance à Maduro. Le dernier en date, réalisé mi-février, créditait le dauphin désigné de 46,4% des voix contre 34,3% au candidat de l'opposition Henrique Capriles, battu lors de la présidentielle d'octobre 2012.

La Cour suprême a déclaré vendredi que Nicolas Maduro n'aurait pas besoin de démissionner de ses fonctions pour faire campagne. Capriles a estimé que cette décision équivalait à une "fraude constitutionnelle".

Nicolas Maduro qui veut profiter de l'émotion populaire pour continuer (rapidement) l'oeuvre d'Hugo Chavez.

En 14 années de présidence, Hugo Chavez a imposé une "révolution bolivarienne" consistant en l'utilisation par l'Etat des richesses pétrolières du Venezuela pour la mise en oeuvre de mesures sociales en faveur des classes populaires.

Cette politique, dénoncée comme un gâchis par l'opposition, s'est accompagnée d'une rhétorique ouvertement hostile aux Etats-Unis et au libéralisme économique, ce qui en a fait le chef de file d'une partie de la gauche latino-américaine.

Le président équatorien Rafael Correa, la présidente brésilienne Dilma Rousseff accompagnée de son prédécesseur Luiz Inacio "Lula" da Silva et le président cubain Raul Castro se trouvaient à Caracas ce vendredi. En plus des dirigeants de gauche "amis" du Venezuela, le président chilien Sebastian Pinera, conservateur, et son homologue colombien, Juan Manuel Santos, avaient fait eux aussi le voyage de Caracas.

A leur côté, se tenaient le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son homologue biélorusse Alexandre Loukatchenko, tous deux mis au ban par les pays occidentaux. L'acteur et réalisateur américain Sean Penn avait également fait le déplacement.

Ahmadinejad a reçu une standing ovation lorsqu'il a pris sa place dans la garde d'honneur près du catafalque et, enfreignant le protocole, a touché le cercueil et brandi le poing en signe de salut révolutionnaire.

"Chavez n'est pas mort. La révolution continue."

"Le plus important, c'est qu'il est parti invaincu", a dit Raul Castro, en allusion aux quatre victoires d'Hugo Chavez dans des élections présidentielles, la dernière en octobre.

"Il était invincible. Il est parti victorieux et personne ne peut le lui retirer. C'est gravé dans l'Histoire", a ajouté le frère de Fidel Castro dont Chavez se voulait le fils spirituel.

"Chavez n'est pas mort. Chavez vit. La révolution continue", scandaient ses partisans rassemblés devant l'académie militaire. Devant les grilles, certains brandissaient des photos du dirigeant défunt et de ses appels à voter pour Maduro.

Qu'est-ce qui va changer au Venezuela ? Sans doute pas grand chose, si ce n'est certaines alliances internationales. Bertrand Gallicher.

Les Etats-Unis n'ont dépêché aucun représentant de haut rang tandis que la France était représentée par son ministre des Outre-Mer, Victorin Lurel.

Hugo Chavez n'a jamais précisé la nature de son cancer, diagnostiqué une première fois en 2011. Rgulièrement soigné à Cuba, il a été rapatrié au Venezuela le 18 février.

Selon une source gouvernementale, il a plongé dans le coma lundi avant de s'éteindre le lendemain. Le cancer s'était propagé aux poumons, selon cette même source.

Si elle respecte avec discrétion la peine des "chavistes", l'opposition espère cependant que la "révolution bolivarienne" disparaîtra avec Hugo Chavez. (voir )

Pour ses adversaires, le défunt président était un autocrate cherchant à étouffer toute voix discordante.

Selon des sources au sein de l'opposition, celle-ci s'est entendue pour soutenir une nouvelle fois la candidature unique de Henrique Capriles lors du prochain scrutin présidentiel. Avec 44% des suffrages lors de l'élection d'octobre, le gouverneur de l'Etat de Miranda a réussi le meilleur score jamais obtenu par un candidat opposé à Hugo Chavez.

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