Le site de Notre-Dame-des-Landes deviendrait-il le nouvel Eldorado des fugueurs ? Deux mineurs de 16 ans ont été retrouvés sur place après deux jours de disparition. Les parents de deux autres fugueuses dénoncent eux des violences lors de leur départ.

"Nous avons été victimes d'une attaque en règle par une dizaine d'individus armés de gourdins et de pelles. Ma femme a reçu un coup de pied dans le thorax, mon fils a été battu, de même que moi" , affirme le père de Camille, 17 ans. "Est-ce normal, dans un état de droit, que les parents soient obligés de prendre des risques pour aller récupérer leurs enfants ?" , s'interrogent dans un communiqué commun les parents de Camille et Geneviève.

Car le retour de leurs deux jeunes filles ne s'est selon eux pas déroulé dans les conditions "apaisées" que souhaitait le ministre de l'Intérieur Manuel Valls. La mère de Geneviève, Sylvie Euvrard, a récupéré sa fille dans un café, "un lieu neutre", mais s'est rapidement inquiétée des "méthodes sectaires" de certaines personnes l'accompagnant. "Des personnes qui l'accompagnaient n'arrêtaient pas d'entrer et sortir du café. L'un d'eux a protesté et lui a fait signer dans un carnet une phrase disant qu'elle était d'accord pour rentrer avec sa mère".

Pour récupérer Camille, cela a été encore plus compliqué. Après l'avoir retrouvée sur le site, sur ses indications, la situation dégénère au moment du départ. "Camille est montée toute seule sans contrainte dans la voiture. Un homme caché derrière bonnet et écharpe a hurlé : Alerte ! Enlèvement d'enfant !", raconte la famille. "C'était extrêmement violent. Nous avions l'impression qu'ils étaient là pour casser sans retenue".

Le père de Camille, Michel Lauran, dénonce la violence de certains militants, bien loin selon lui des aspirations des opposants à l'aéroport.

Une version contestée par les opposants présents sur place. "J'ai vu une personne qui ceinturait violemment Camille et qui l'a mise de force dans la voiture. Elle se débattait" , raconte l'un d'eux. Selon lui, l'un d'eux a bien saisi une pelle pour menacer le père, un autre a jeté un pot de fleur sur la voiture, mais "je n'ai pas vu d'agression physique" .

En fin d'après-midi, un week-end de soutien a commencé à Notre-Dame-des-Landes, avec la participation de groupes musicaux. Les gendarmes filtrent actuellement les accès au site, où l'on aimerait bien ne plus entendre parler de cette histoire de fugueuses...

Que dit-on de cette affaire parmi les opposants ? Reportage sur place de Julie Marie-Leconte.

Manuel Valls estimait lundi que le retour de Geneviève devait se faire "dans l'apaisement" , ajoutant qu'il serait "dangereux d'envoyer des gendarmes" pour la récupérer. Un point de vue qui scandalise les parents des jeunes filles. "Quand on nous signifie que les forces de l'ordre ne peuvent pas intervenir pour raison politique, je trouve ça scandaleux" , lancent-ils dans un communiqué commun. Le père de Camille a déposé dimanche dernier une plainte au SRPJ de Clermont-Ferrand pour "coups et blessures avec armes".

Camille et Geneviève sont toutes deux élèves de première. Elles avaient fugué le 4 décembre de leur lycée professionnel du Puy-en-Velay.

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