C'est une revendication qui émerge à chaque grande élection : pour ses partisans, le vote blanc exprime lui aussi une opinion. Il existe même en France un Parti du Vote Blanc, 21 candidats lors des élections législatives de juin dernier.

En partant de ce constat, le groupe UDI a profité ce matin d'une "niche parlementaire" pour faire voter en séance la proposition.

Le texte, voté par 90 députés, soit la totalité des effectifs présents à cette heure de la matinée, prévoit que les votes blancs seront désormais "décomptés séparément et annexés au procès-verbal", et non plus ajoutés aux bulletins nuls dans un décompte final. Il va pour cela falloir adapter le Code électoral.

En revanche, les votes blancs ne seront pas comptabilisés dans les suffrages exprimés, contrairement à la proposition de loi initiale présentée par le centriste François Sauvadet. Le gouvernement avait d'ailleurs donné son accord au texte à cette condition près.

La reconnaissance du vote blanc est un véritable serpent de mer dans la politique française. Un seul texte avait déjà par le passé été voté à l'Assemblée nationale, en 2003, mais il s'était "perdu" lors d'une navette au Sénat. Cette fois, l'ensemble de l'échiquier politique semble ravi de ce vote.

En Europe, l'Espagne et les Pays-Bas notamment comptabilisent les votes blancs aux élections.

En extrapolant, si le vote blanc, plus de 2.147.000 voix, soit le total le plus élevé de la Ve République, avait été comptabilisé lors de l'élection présidentielle en mai dernier, François Hollande n'aurait pas obtenu la majorité absolue. Il aurait été élu avec 48,7% des voix (contre 45,6% pour Nicolas Sarkozy).

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