pour le gouvernement, le dossier cahuzac est un manquement individuel et non une affaire d’état
pour le gouvernement, le dossier cahuzac est un manquement individuel et non une affaire d’état © reuters

Selon la télévision suisse publique RTS, l'ancien ministre français du Budget aurait cherché à placer 15 millions d'euros en Suisse en 2009. L'établissement aurait refusé par crainte de complications.

"Il aurait tenté de placer cet argent dans un établissement de gestion financière à Genève mais l'établissement aurait refusé par crainte de complications ultérieures, Jérôme Cahuzac étant une personnalité exposée politiquement, selon des informations bancaires", affirme le site de la chaîne suisse.

Les explications de Darius Rochebain, de la RTS.

Dans ses aveux publics, l'ancien ministre évoquait uniquement une somme de 600.000 euros. En 2009, Jérôme Cahuzac était député, président de la commission des finances à l'assemblée nationale.

Mais pour son avocat, Jean Veil, "cette thèse n'est pas crédible sur le plan du bon sens". "M. Cahuzac a dit qu'il renonçait à faire des recours, il sait parfaitement que le dossier va être transmis aux juges. Cela n'aurait aucun sens de ne dire qu'une partie de la vérité".

Pierre Moscovici dans la tourmente

L'ancien ministre de tutelle de Jérôme Cahuzac a quant à lui bien du mal à se sortir du scandale provoqué par son ancien ministre délégué. Le ministre de l'Économie est accusé d'avoir protégé Jérôme Cahuzac, des accusations qu'il dément à nouveau ce dimanche.

Pierre Moscovici s'est une nouvelle fois défendu de toute complaisance ou faille dans l'enquête diligentée auprès de la Suisse sur le compte de l'ex-ministre du Budget. Les présidents des commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat, les UMP Gilles Carrez et Philippe Marini, reprochent au ministre de l'Economie et des Finances un recours par trop partiel à la convention d'entraide fiscale en vigueur depuis 2009 entre la France et la Suisse. Plusieurs voix au sein de l'opposition, dont le député UMP de Paris Claude Goasguen, réclament la démission de Pierre Moscovici, qui était le ministre de tutelle de Jérôme Cahuzac, mis en examen notamment pour blanchiment de fraude fiscale. Mais Pierre Moscovici maintient sa défense. "Jusqu'au jour des aveux de Jérôme Cahuzac, je ne sais rien", a réaffirmé le ministre à nos confrères d'i> télé. "Je n'ai pas cherché à le blanchir ni à l'accabler. Je ne suis pas le ministre de l'affaire Cahuzac."

Écoutez le ministre de l'Économie.

"On ne doit pas être curieux quand on est à la tête de l'administration fiscale, on doit être rigoureux", a-t-il déclaré pour justifier la question posée à l'administration fiscale suisse sur le compte alors présumé de Jérôme Cahuzac.

Vers un remaniement ?

Si l'on en croit un sondage Ifop publié ce dimanche par le JDD, 60 % des personnes interrogées réclament un remaniement ministériel. Mais pour l'instant, l'Elysée écarte cette hypothèse.Une position difficile à tenir pour Damien Philippot, directeur des Etudes Politiques à l'Ifop.

Sans surprise, c'est parmi les sympathisants de l'UMP (78%) et du Front national (85%) qu'on trouve une plus large majorité de personnes pour un remaniement. Parmi les sympathisants du Parti socialiste, 42% souhaitent que le président François Hollande remanie son équipe gouvernementale (contre 58% pas favorables).

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.