Du 17 décembre 2010, le jour de l'immolation de Mohammed Bouazizi au 14 janvier 2011, quand Ben Ali fuit définitivement la Tunisie, le pays vit sa période la plus importante depuis l'indépendance en 1956. De Sidi Bouzid à Kasserine puis à Tunis, le mouvement de contestation touche progressivement toute la population : les émeutiers protestent contre le chômage, la corruption et la répression policière. L'idée d'un changement de régime prend de l'ampleur jusqu'au départ définitif de Zine el-Abidine Ben Ali pour l'Arabie saoudite.

La révolte de Sidi Bouzid

  • 17 décembre : des commerçants, des jeunes et des proches de Mohammed Bouazizi, le jeune vendeur ambulant qui s'est immolé par le feu devant le Gouvernorat de Sidi-Bouzid, descendent dans la rue. Le week-end suivant, les manifestations s'amplifient et aboutissent à une première vague de répression.

  • 22 décembre : Houcine Neji, un autre jeune de Sidi Bouzid monte sur un poteau électrique et crie à la foule son ras-le-bol de la misère et du chômage. Il s'électrocute avec le câble de 30.000 volts. La révolte prend de l'ampleur et touche les villes voisines de Meknassy et Menzel Bouzaiane.

La propagation du mouvement

  • 27 décembre : après plusieurs jours de répression dans le sud, le mouvement atteint Tunis. Un millier de manifestants soutiennent le mouvement initié à Sidi Bouzid.
  • 28 décembre : le lendemain, le syndicat, "l'Union générale tunisienne du travail" tente d'organiser un rassemblement à Gafsa, le lieu d'émeutes d'ouvriers des mines en 2009. Le rassemblement est interdit. Le même jour, 300 avocats se rassemblent devant le siège du premier ministre. Les manifestations touchent Gafsa, Sousse, Gabès et Kasserine.
  • 30 décembre : la police accentue la répression à Monastir, Gafsa, Sbikha et Chebba.

Le renversement du régime

  • 3 janvier : une manifestation à Thala dégénère. 250 personnes sont dispersées par la police. Elles attaquent ensuite le siège local du RCD, le parti de Ben Ali.
  • 6 janvier : les avocats se mettent en grève.
  • 8 janvier : un commerçant d'une cinquantaine d'années s'immole par le feu à Sidi Bouzid. Les affrontements entre police et manifestants sont de plus en plus violents. Au moins 14 civils sont tués à Thala, Kasserine et Regueb.
  • 10 janvier : à la suite d'un nouveau suicide d'un étudiant diplômé à Sidi Bouzid, des marches funèbres sont organisées. Elles sont réprimées dans le sang. A Tunis, la police déloge de l'Université El Manar des centaines d'étudiants réunis pour dénoncer les violences du régime. Ben Ali tente de reprendre la main et annonce la création de 300.000 emplois et la fermeture des écoles et des universités. Au même moment, des émeutes éclatent à Bizerte. Le bureau régional de l'emploi est en flamme.
  • 12 janvier : une grève générale est organisée à Sfax et les manifestations continuent à Bizerte et à Jbeniana. La police recule alors que le premier ministre Mohamed Ghannouchi annonce la libération de tous les manifestants arrêtés depuis le début de la révolte.
  • 13 janvier : Ben Ali lâche du lest et annonce qu'il ne se représentera pas aux prochaines élections.
  • 14 janvier : l'armée est déployée à Tunis. Les forces de l'ordre répriment de nouvelles manifestations dans le sang. Ben Ali déclare l'état d'urgence et met en place un couvre-feu. L'armée ne suit plus le pouvoir et décide de protéger les manifestants contre les policiers. Ben Ali est contraint de fuir la Tunisie. Il ne reviendra plus sur les terres qu'il dirige depuis 23 ans.
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