A partir de mars 1993, la cohabitation Balladur-Mitterrand offre « une fenêtre d’opportunités », selon l’expression d’Abdul Rahman El-Assir, pour les contrats d’armement avec la France. Le grand marchandage va bientôt commencer autour du contrat pakistanais (Agosta) et saoudien (Sawari II).

Cela faisait depuis le début des années 80 que les entreprises françaises étaient persuadées qu’elles ne concluraient plus de contrats avec l’Arabie Saoudite dans le domaine militaire. Comme exemple, je relève que même les pièces de rechange d’anciens chars AMX 30 ont été acquises par mon intermédiaire en Espagne, dans le cadre d’un contrat global entre l’Arabie Saoudite et l’Espagne.

De par ma connaissance de ce marché des commissions et des personnes qui y sont actives, je me suis rendu compte que les sociétés françaises avaient multiplié les intermédiaires, parfois par des commissions très élevées, sans aucun résultat concret. Nous avons analysé ce marché avec Sheikh Ali Ben Moussalem. Selon notre compréhension, les dirigeants saoudiens n’avaient pas intérêt à être exclusivement liés avec un seul fournisseur d’armes. Ils auraient été disposés à normaliser leurs relations commerciales avec la France, surtout dans ce domaine stratégique. Ils étaient réticents à travailler aussi bien avec un gouvernement socialiste qu’avec Jacques Chirac, trop proche de Saddam Hussein à leur goût.

Lors de la cohabitation Mitterrand-Balladur, nous avons senti une fenêtre d’opportunités pour une telle normalisation. C’est ainsi que Sheikh Ali Ben Moussalem a obtenu l’autorisation du roi Fahd d’approcher les Français dans ce sens. Nous avons alors vu une opportunité avec le paquet des contrats Sawari II, qui était sur la table depuis longtemps, depuis les années 80.

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