par Robin Pomeroy

DUBAI, 16 septembre (Reuters) - Les ambassades occidentales dans le monde arabo-musulman sont demeurées dimanche en état d'alerte, même si les manifestations meurtrières des jours précédents contre un film islamophobe diffusé sur internet semblaient perdre de l'ampleur.

L'Allemagne a demandé à une partie du personnel de son ambassade au Soudan de quitter les lieux, après l'attaque vendredi du bâtiment par environ 5.000 manifestants, qui ont également pris d'assaut la représentation américaine.

Les Etats-Unis ont pris des mesures semblables samedi envers une partie de leur personnel de l'ambassade de Khartoum et leurs familles, mais le Soudan a rejeté une demande américaine d'envoi de "marines" pour protéger la sécurité du bâtiment.

Washington a également évacué une partie du personnel de l'ambassade des Etats-Unis à T Tunis, attaquée vendredi, et a demandé aux ressortissants américains de quitter la capitale tunisienne.

Mohamed Kamel Amr, ministre des Affaires étrangères de l'Egypte, où des centaines de personnes ont été arrêtées à la suite des manifestations, a assuré à Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, que les représentations des Etats-Unis étaient efficacement protégées.

Les principales manifestations de dimanche ont eu lieu au Pakistan. A Lahore, quelque 5.000 personnes ont scandé des slogans anti-américains, tandis que la police a bloqué l'accès à l'ambassade des Etats-Unis, à Karachi.

A Hyderabad, une personne a été tuée par balle par un tireur qui n'a pas été identifié, au cours d'une manifestation, et à Muzaffarabad, 300 personnes ont brûlé une effigie du président Barack Obama.

En Turquie, dans la capitale Ankara, un petit groupe de manifestants a brûlé un drapeau américain dans la rue, alors que la police les retenait à une centaine de mètres de l'ambassade des Etats-Unis.

A Paris, la sécurité a été renforcée autour de l'ambassade américaine au lendemain d'un rassemblement d'environ 250 militants islamistes présumés à proximité du bâtiment. Le parquet de Paris a ordonné aujourd'hui une enquête sur cette manifestation qui a abouti à 152 interpellations.

L’enquête devra identifier les organisateurs du rassemblement. Beaucoup de manifestants ont expliqué être venus après avoir reçu des SMS ou des messages sur les réseaux sociaux.

Leon Panetta, secrétaire américain à la Défense, a affirmé que la situation était en train de se "stabiliser" mais que les ambassades demeuraient sur leurs gardes face à une possible recrudescence des violences, cinq jours après la mort de l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye tué lors de l'attaque du consulat américain à Benghazi. "Les manifestations risquent de continuer pendant les prochains jours", a-t-il prévenu.

Le président du parlement libyen, Mohamed Magarief, a annoncé l'arrestation d'une cinquantaine de personnes, dont certaines ne sont pas libyennes, pour leur implication présumée dans l'attaque du consulat de Benghazi.

Julien Dury pour le service français

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