Pendant des années sous le régime de Ben Ali, les artistes ont du faire face à la censure. Après la révolution du printemps dernier, ils restent très prudents sur ce vent de liberté. Cet été, au Festival d’Avignon, le metteur en scène Fadel Jaïbi laissait entendre que les libertés individuelles pouvaient être menacées par les islamistes.Il ne se trompait pas. Un millier de Tunisiens, dont un grand nombre de femmes, ont manifesté le 7 juillet à Tunis pour exprimer leur rejet de la violence et soutenir les libertés. Ce rassemblement était organisé à la suite de plusieurs incidents violents, notamment l'attaque par de présumés salafistes d'une salle de cinéma qui devait projeter un film sur la laïcité. Après les élections de l’Assemblée constituante en octobre 2011, certains artistes se sentent menacés par les islamistes.

Lotfi Achour
Lotfi Achour © Radio France / Tarek H.Slama

Lotfi Achour est un metteur en scène reconnu en Tunisie et en France. En 2009 il a créé à Hammamet, "Hobb Story - Sex in the Arab City", un spectacle qui parle ouvertement de sexe. Ce spectacle préfigurait déjà les évènements du printemps dernier.

Lotfi Achour s’est donné la liberté dans un pays arabe de parler d’un tel sujet. Aujourd’hui c’est paradoxalement plus difficile. Lors de la reprise de la pièce en Tunisie, deux comédiens ont refusé de jouer par peur de représailles de la part des islamistes.

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La stratégie de remise en cause des libertés est pernicieuse de la part des Islamistes. Ils ont un double langage que dénonce Lotfi Achour interrogé par Stéphane Capron.

Dans cette crainte de perte de libertés, les femmes ont le plus à craindre. Elles sont insultées, intimidées et déconsidérées. Lotfi Achour pointe le double discours du nouveau pouvoir.

Les spectacles de Lotfi Achour, “Hobb Story – Sex in the(Arab) City” et “La Comédie Indigène” sont présentés en ce moment au Tarmac à Paris dans le cadre d’un cycle consacré au printemps arabe.

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