Les autorités monégasques déclinent toute responsabilité dans cette affaire.

Jusque-là, le Palais était resté très discret. Le prince Albert de Monaco n’a fait aucun commentaire depuis les interpellations du 24 novembre, alors qu’il s’agit du premier grand projet depuis le début de son règne sur le Rocher. Son chef de gouvernement, l’ancien préfet de Paris Jean-Paul Proust, a accepté d’évoquer ce dossier. Il nie toute relation avec Lino Alberti, estime que le projet est 100 % monégasque et que ni les autorités municipales de Beausoleil, ni l’Etat français n’ont quoi que ce soit à voir avec le chantier.

Jean-Paul Proust, chef du gouvernement monégasque (Emmanuel Leclère)

Pour les autorités monégasques, le chantier n’empièterait donc aucunement côté français. En se rendant sur les hauteurs de Beausoleil, on ne peut que constater que la réalité est tout autre. Une machine à forer est carrément installée sur la voie publique « on a commencé à forer depuis six jours dit un ouvrier » . On en aperçoit une autre en contrebas ainsi qu’une pelleteuse sur les trois parcelles appartenant au consortium de la tour Odéon. Les travaux ont débuté. « Les premiers forages ont démarré depuis deux mois » , dénonce une riveraine. Elle fait partie de l’association Odéon riverains qui s’est constituée pour dénoncer l’édification de la tour. Au départ, les plaintes portaient sur le préjudice lié à la construction de cette tour presque aussi haute que la tour Montparnasse : perte de la vue sur mer et moins d’ensoleillement. Pour l’heure, c’est le chantier qui les préoccupe.

Ecoutez ces riverains (Emmanuel Leclère)

Le groupe Vinci et son sous-traitant ont donc entamé depuis plusieurs semaines ce chantier sans autorisation ni de la municipalité, et encore moins de la préfecture des Alpes Maritimes. Cette construction bénéficie d’un permis de construire monégasque sur lequel les autorités françaises n’ont eu aucun droit de regard.

Au niveau du boulevard Ténao, les ouvriers s’activent sur trois parcelles d’un terrain en pente pour construire un mur de soutènement de 40 mètres de hauteur. Ces ouvriers devraient installer ce que l’on appelle dans le jargon du BTP une micro berlinoise avec 120 tirants enfoncés dans le sous-sol pour stabiliser l’ensemble du chantier transfrontalier; un ensemble a priori provisoire, le temps de forer juste de l’autre côté de la « frontière », le trou qui permettra de créer les fondations de l’immense tour Odéon avec ses 170 mètres de hauteur. Le projet comprend la création, in fine, de jardins côté français.

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