La seconde partie de l ’exposition détaille les temps forts de la vie de l ’araignée, notamment le mode de reproduction et les techniques de chasse. Vous pouvez découvrir des araignées vivantes dans des terrariums permettent d ’aborder les comportements surprenants, par fois très ingénieux, de ce redoutable prédateur qui peut aussi être une bonne mère.

Quelques spécimens vivants :

Plusieurs espèces sont présentées dans des terrariums installés dans un décor léger, évoquant la nature : une mygale, des araignées “sociales” (petites araignées exotiques vivant en collectivité sur une grande toile unique), une néphile (grande araignée tropicale aux “ fils d ’or ” ), un ensemble d ’araignées locales que les visiteurs peuvent retrouver dans leur jardin ou leur maison. Ces dernières, au cycle souvent annuel, varieront au cours de l ’exposition.

Le cycle de vie, de mue en mue :

Une araignée vit généralement un ou deux ans, mais certaines espèces ont des espérances de vie plus longues : les grosses mygales peuvent ainsi atteindre 20 ans. L’araignée possède un squelette externe inextensible.Pour grandir elle doit se débarrasser de sa vieille carapace et attendre qu ’une nouvelle se forme. Ce changement de peau externe s ’accompagne d’un renouvellement des parois solides des organes digestifs, qui doivent être régurgitées pour permettre la croissance. Lors de la mue, l ’araignée est incapable de se défendre ou de fuir et peut rester coincée dans son ancienne peau. Une fresque illustrée et ponctuée de spécimens en incrustation explique les différentes étapes de la vie d ’une araignée.

Au fil des Araignées
Au fil des Araignées © Sébastien Damoiseau

Où se cache-elles ?

Sur une maquette évoquant une maison et son jardin, le visiteur peut repérer quelques espèces courantes et leurs lieux de prédilection. La tégénaire est la plus connue. Elle est souvent cachée au fond de l ’entonnoir qui termine sa toile en nappe.L’épeire diadème (Araneus diadematus ) se rencontre à la fin de l ’été ou à l ’automne. Elle tisse une belle toile géométrique et se tient au centre du piège ou cachée à proximité, dans sa retraite faite de feuilles reliées par des f i l s. Les linyphiides, petites araignées de couleur sombre, se tiennentsuspendues sous leur toile en nappe, tendues dans la végétation. Les l ycoses, araignées-loups, n ’ont pas de toiles : elles sont soit errantes sur le sol, soit cachées dans leur terrier. Les salticides, ou araignées sauteuses, sont les plus nombreuses. Elles s ’enfuient en sautant. Les pholques setiennent à l ’envers sous leur toile. Si vous les dérangez, ils vibrent très vite et sont alors difficiles à distinguer par leurs prédateurs. Les ségestries ont pour repaire une t o i l e en forme de tube enfoncée dans une fissure ou un trou, autour de laquelle se déploient des fils rayonnants. La zygielle (Zygiella x-notata ) construit une toile géométrique à laquelle il manque un secteur. Elle reste à proximité, cachée dans sa retraite de soie, reliéeau centre de la toile par un fil avertisseur.

Tout un arsenal d'attaque :

L’araignée est un prédateur doté d ’outils remarquables : du venin, de la soie, des yeux et des organes sensoriels très sensibles.Le venin diffusé par morsure est une substance complexe, à effet neurotoxique ou nécrosant.La soie est une mer veille de la nature, d ’une grande solidité, utile à la fois pour la chasse, la ponte, la reproduction et les déplacements.La majorité des araignées laissent en permanence un fil derrière elles, d i t “ fil de sécurité”, qu ’elles fixent de place en place et qui leur permet de se rattraper en cas de chute, volontaire ou non.Les yeux ne semblent pas assurer une excellente vision : beaucoup d’araignées ne distinguent que les changements de luminosité et les silhouettes. Il existe cependant quelques exceptions chez les espèces qui chassent “à vue”, comme les araignées sauteuses qui ont de très gros yeux devant et des plus petits sur les côtés. Une petite zone de leur champ de vision les informe de la distance les séparant de la proie.Les organes sensoriels . Les araignées “entendent ” , c ’est-à-dire détectent les vibrations autour d ’elles, avec leurs soies réparties sur le corps et les pattes. Elles possèdent également sur les pattes des organes qui leur permettent de “ sentir ” de très loin les odeurs laissées par leurs congénères.À titre d’expérience : le visiteur est invité à plonger sa main dans une boîte pour découvrir l ’aspect soyeux d’une mygale particulièrement poilue.

Une toile
Une toile © Bernard Le Garff.

La toile, un piège spécialisé :

Une rareté . Les araignées comptent parmi les rares animaux à fabriquer des pièges pour capturer leurs proies. Les insectes qui se font prendre dans la toile ont peu de chances de s’en sortir. Les toiles sont des pièges de formes et d ’usage très variés, elles correspondent à un milieu ou à des proies bien précises : horizontales ou verticales, en nappe, en réseau, en cloche ou en entonnoir, en chaussette, géométrique, en drap, en hamac. Les toiles en nappe recueillent les insectes sauteurs, les toiles géométriques sont plus efficaces pour les insectes volants.Des images stéréoscopiques dévoilent la belle architecture de ces pièges aux formes variées et des schémas expliquent le mode de fabrication très précis d ’une toile géométrique. Il faut une à deux heures à une araignée pour faire sa toile. Les trois griffes qui terminent les pattes des tisseuses leur permettent de s ’ y déplacer… du bout des pattes. Lorsqu ’e l l e est trop abîmée, l ’araignée “mange” sa toile avant d ’en reconstruire une nouvelle.Une sorte de sixième sens . En se plaçant au centre de sa toile, l ’araignée perçoit immédiatement à la fois la taille et l ’emplacement du prisonnier. Un dispositif mécanique invite le visiteur à placer sa main au centre de la toile afin d ’expérimenter cette perception des vibrations. [....]

L'araignée est aussi une proie :

Elle est victime des animaux plus gros qu ’elle (oiseaux, lézards, petits mammifères insectivores…), de l ’homme, qu i l ’écrase volontairement ou par inadvertance, et des insecticides pulvérisés sur les cultures. Chaque araignée qui s ’aventure sur le territoire d ’une autre devient une proie potentielle, particulièrement les mâles, plus chétifs.L’araignée est aussi victime de parasites, qui la transforment en gardemanger vivant. Un exemple est raconté en quelques scènes dans un diorama avec des animaux naturalisés : i l s ’agit de l ’attaque spectaculaire d’une mygale par une guêpe Pepsis.

Micrommata ligurinum
Micrommata ligurinum © Christine Rollard - MNHN

La défense, camouflage et mimétisme :

Les araignées ont développé deux stratégies de protection opposées qui servent autant à confondre les agresseurs qu ’à tromper les proies : le camouflage et le mimétisme . [.....]

L'araignée nourrit l'iomaginaire des hommes :

L’araignée alimente de drôles d ’histoires que l ’on retrouve dans la presse, elle a inspiré également de belles légendes et des objets ethnographiques qui témoignent d ’autres approches dans d’autres cultures : des récits à lire ou à écouter sur des bornes audio, des oeuvres à admirer dans différents espaces de l ’exposition.

De nombreuses récits vantent les mérites de l ’araignée et différentes cultures lui rendent hommage. En Afrique , par exemple, l ’araignée est souvent symbole de sagesse , d ’intelligence et de clairvoyance . Son habileté à tisser lui confère un rôle dans divers mythes fondateurs. Parmi les morceaux choisis :- Un mythe grec : Arachné, la divine tisserande- Une légende amérindienne : le capteur de rêves ou comment l ’araignée est devenue la gardienne du sommeil- Un mythe fondateur micronésien : Nareau l ’araignée- Un conte d ’Andersen- Un récit lié au Coran ou comment Mahomet fut sauvé par une toile d’araignée

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