DRAKE'S POINT, Panama (Reuters) - Plus de quatre siècles après la mort de Sir Francis Drake, corsaire et explorateur anglais de légende, des archéologues pensent avoir découvert deux des derniers navires qu'il ait commandés au large des côtes du Panama.

Dans les eaux des Caraïbes où le célèbre aventurier passe pour avoir été immergé en 1596 dans un cercueil de plomb, des chercheurs utilisant du matériel d'exploration pétrolière en eau profonde ont cerné trois grands fragments de navires qui semblent correspondre à l'"Elizabeth" et au "Delight" de Drake.

Connu pour avoir fait le tour du monde sur mer et contribué à la déroute de l'Invincible Armada espagnole qui menaçait son pays en 1588, Drake fut aussi un marchand d'esclaves et un pirate qui opérait avec les encouragements de la reine Elizabeth d'Angleterre.

Des fragments de coque d'une longueur totale de plus de 24 mètres et datant de l'époque de Drake présentent des signes qui laissent penser qu'on les a échoués et brûlés jusqu'à la ligne de flottaison, comme dans le récit du sabordage des navires de Drake par ses équipages avant leur retour en Angleterre.

Selon l'archéologue James Sinclair, chef de l'équipe qui a fait la découverte, les éléments réunis font nettement pencher la balance du côté de cette thèse.

"Cela peut fort bien être les deux navires que les hommes d'équipage de Sir Francis ont sabordé au terme de son expédition dans ce secteur", a dit Sinclair, spécialiste de l'exploration archéologique en milieu marin qui a dirigé des recherches sur Titanic et d'autres épaves historiques.

Des fouilles plus poussées et un travail de datation affiné restent nécessaires pour corroborer la thèse des chercheurs, a ajouté Sinclair.

La découverte qui serait la plus retentissante - celle des restes de Drake, né vers 1540 dans le Devon - échappe encore aux recherches menées avec un matériel ultraperfectionné sur ce site. "C'est la nouvelle technologie créée pour le secteur des hydrocarbures qui rend cela possible", dit Jay Usher, expert des technologies avancées qui participe au projet.

Sean Mattson, Philippe Bas-Rabérin pour le service français

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