En une décennie, le nombre de candidats aux élections législatives a baissé de 21%. Il se rapproche de celui observé en 1997. Comme pour bien des scrutins, le candidat type est âgé d’une cinquantaine d’années et est de sexe masculin. Car, c’est un constat, le déséquilibre hommes-femmes persiste, et, au PS comme à l’UMP, les candidates sont envoyées dans des circonscriptions où la victoire apparaît plus difficile. Cette année, le benjamin est tout juste majeur, la doyenne a 86 ans.

Moins de candidats que lors des précédents scrutins

Cette année, les Français ont à choisir parmi 6611 candidats. Le chiffre semble élevé, pourtant, depuis une décennie, le nombre de candidatures a diminué de près de 2000 ! En moyenne, on compte onze candidats par circonscription. Une situation comparable à celle de 1997, lorsque la dissolution surprise de Jacques Chirac avait pris de court les formations politiques. Elles avaient alors rencontré des difficultés à trouver des candidats dans l'urgence. Au championnat national de la circonscription où se présentent le plus de candidats, c’est la huitième de Paris qui l’emporte, avec 23 noms. C’est moins qu’en 2002 : 27 candidats se battaient alors pour une seule et même circonscription. La circonscirption la moins garnié, c’est la première de Saint Pierre et Miquelon et la deuxième de Nouvelle Calédonie, où seuls cinq affiches occupent les panneaux devant les bureaux de vote.

La palme du nombre de candidats, c'est dans la 8ème à Paris, par Sébastien Hazard

Onze circonscriptions ont été créées lors de ces législatives pour les Français de l’étranger. 178 candidats s’y présentent, ce qui ramène à 6 433 leur nombre en France Métropolitaine. En revanche, s’il y a moins de candidats, le nombre de candidats régionalistes est stable : ils sont 77 à être présents principalement en Bretagne, en Corse et au Pays Basque. Certains partis ont disparu. Des candidatures, comme le Mouvement Pour la France, créé en 2007 et qui présentait 410 candidats, dans le sillage de Philippe de Villiers. Cette année sous la houlette de Jean-Louis Borloo, le Parti Radical valoisien présente une centaine de candidats.

Qui sont nos candidats ?

Depuis dix ans, le candidat type a une cinquantaine d'années. Les moins de 35 ans sont un petit peu plus nombreux qu’en 2007 (13% en 2012), mais leur nombre est bien moins important que ce qu’ils représentent dans la société. Ils sont 44% à avoir entre 50 et 65 ans. Cette tranche d’âge enregistre un recul de cinq points par rapport aux dernières législatives, mais elle reste cependant surreprésentée. Les "plus de 65 ans"' sont deux fois plus nombreux qu’il y a dix ans.

Le doyen Loïc Bouvard
Le doyen Loïc Bouvard © Radio France / Yoan Valat

A 83 ans, le député UMP de la 4ème circonscription du Morbihan, Loïc Bouvard a été réélu à huit reprises, ce qui fait de lui le doyen dans l'hémicycle. Mais il fait ses adieux à l'Assemblée, puisqu'il cédera sa place lors de ces législatives, trente-neuf ans après son arrivée ! Cette année, le plus jeune candidat se présente dans les Hauts-de-Seine, il n’a que 18 ans. La plus âgée, puisque c’est une femme, en a 86, et est candidate à Paris.

Sur les 577 sièges que compte l’Assemblée, 464 sont actuellement occupés par des députés "sortants", et cinq par des suppléants, prêts à remplacer un député sur le départ, ce qui représente près de 80% de l’hémicycle. Malgré la volonté du nouveau gouvernement de mettre fin au cumul des mandats, près de 500 d’entre eux se présentent avec une ou plusieurs autres casquettes. Beaucoup sont déjà députés et se présentent pour le rester. D’autres sont également députés, mais cumulent plusieurs mandats : député, président du conseil général, député président du conseil régional... 24 maires se présentent sans être "députés maires", alors qu’ils n’étaient que deux en 2007. Par ailleurs, cinq députés européens se présentent malgré l’interdiction de sièger à la fois à Strasbourg et Bruxelles et au Palais Bourbon.

La parité, ce n’est pas encore ça

C’est un constat, les femmes sont plus nombreuses dans notre société. Pourtant, elles n’étaient que 107 pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy à avoir un siège au Parlement. Le déséquilibre persiste même depuis dix ans : on dénombre en 2012 moins de femmes investies qu’en 2007. En Corse du Sud et dans la Creuse, sur dix candidats, un seul est une femme. Parmi les grands partis, l’UMP est toujours celui qui présente le moins de candidates, car il compte aussi le plus grand nombre de sortants au sein desquels les hommes sont surreprésentés. Elles ne représentent qu’un quart des investitures, c’est moins qu’en 2007. En bon élève, Europe-Ecologie Les Verts respecte parfaitement cette parité, puisque 50% de ses candidats sont des candidates.

Le bonnet d'âne est à mettre sur la tête de l'UMP, par Anne-Laure Dagnet

Les femmes en politique
Les femmes en politique © Radio France

Au PS comme à l’UMP, les candidates sont envoyées dans des circonscriptions dites « difficiles ». Là où les deux candidats présents au second tour de la présidentielle ont réalisé leurs moins bons scores. Une candidate socialiste se présente généralement sur une terre où François Hollande a recueilli 51% des voix (54,4% pour les hommes). La situation est encore moins favorable lorsque les candidates sont non sortantes : à l’UMP, elles sont investies là où Nicolas Sarkozy n’a pas dépassé 43%.

Depuis que l’Assemblée Nationale compte 577 députés (1986), c'est le crû 1988 qui comptait le moins de femmes. Elles n’étaient que 33. Depuis, la situation s'améliore très progressivement.

> IFOP : le profil socio-démographique et politique des candidats aux législatives de 2012

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