L'enjeu principal, c'était bien sûr l alternance : la majorité de la gauche àla Chambre hauteest une première dans l'Histoire de la Vème République comme l'élection à la tête de la chambre haute d'un président socialiste, Jeabn-Pierre Bel. Conséquence : les réformes constitutionnelles que la majorité a l'intention de faire voter avant la présidentielle de 2012 pourraient être ajournées. Le meilleure exemple est la "règle d'or" budgétaire que Nicolas Sarkozy veut inscrire dans la Constitution. D'autre part, le Sénat pourrait lancer des commissions d'enquêtes sur des affaires comme l'affaire Karachi ou Bettencourt. Revue des conséquences d' élections qui n'ont jamais été aussi serrées.

Les enjeux des sénatoriales, l'analyse de Pascal Perrineau, directeur du CEVIPOF, avec Claire Servajean

L'alternance ?

La composition du Sénat
La composition du Sénat © Radio France / Idé

A sept mois, de l'élection présidentielle, les résulats des sénatoriales ont donné le ton. Après ses victoires écrasantes aux municipales de 2008 et ses succès aux cantonales et aux régionales, la gauche occupe de nombreux postes dans les Conseils municipaux, généraux et régionaux. Le collège électoral qui a élu les sénateurs est "rose-vert-rouge" pour l'essentiel ce qui explique le basculement du Sénat même si le mode de scrutin des sénatoriales est traditionnellement plus favorable à la droite. Gérard Larcher, l'ancien président du Sénat estimait que l'alternance serait un "séisme" et a jugé cette hypothèse "improbable". Il s'est trompé : la victoire de la gauche a pour conséquence de retarder l'adoption de certains textes proposés par le gouvernement et donne un espace de visibilité au programme des socialistes.

L'abandon de l'inscription de la règle d'or dans la Constitution ?

Comment inscrire dans la Constitution une "règle d'or" budgétaire comme le veut Nicolas Sarkozy sans avoir de majorité au Congrès (députés + sénateurs)? Les socialistes refusent de voter la mesure à l'Assemblée nationale, depuis qu'ils sont majoritaires au Sénat, le projet du président sortant pourrait tomber aux oubliettes. C'est sans doute pour cette raison qu'il a temporisé en attendant les résultatsdu scrutin. D'autre débats législatifs essentiels en période de crise économique comme le plan de rigueur du gouvernement ou les budgets de la sécurité sociale ou de l'État devraient être houleux.

Un nouveau remaniement ?

La campagne des ministres candidats, par Marion Lagardère

Trois ministres de l'actuel gouvernement étaient en lice pour un siège de sénateur. Seul le ministre de la Ville Maurice Leroy a perdu. En suivant la règle constitutionnel du non-cumul des mandats, Gérard Longuet, ministre de la Défense aurait dû démissioné. Il ne l'a pas fait au nom de l'importance de la situation internationale. Chantal Jouanno, ministre de la Jeunesse et des Sports a quitté le gouvernement. C'est David Douillet qui l'a remplacée. Dès le le jour de vote, Gérard Larcher lui-même s'est senti menacé et a martelé à qui voulait bien l'entendre qu'il ne tolèrerait pas qu'un ministre élu lui fasse faux bond. Il n'a pas été complétement écouté.

La droite prend peur, par Jean-François Achilli

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.