Deux contrats militaires entre la France, le Pakistan et l'Arabie saoudite, une société et des intermédiaires chargés des négociations et commissionnésen toute légalité, l'affaire commence en 1992 par la vente de sous-marins au Pakistan et de frégates à l'Arabie saoudite. Le système est mis en place sous Edouard Balladur, alors Premier ministre. Trois ans plus tard, il perd l'élection présidentielle au bénéficie de Jacques Chirac qui décide de mettre fin au versement des commissions après avoir lancé des enquêtes sur plusieurs dossiers similaires. Le 8 mai 2002, un attentat à Karachi tue 14 personnes dont 11 employés français de la Direction des constructions navales chargés de livrer les sous-marins. L'hypothèse de l'attentat islamiste est d'abord avancée avant que l'idée d'un règlement de compte politique dû à un possible non-versement de commissions deviennent de plus en plus plausible. Nicolas Sarkozy pourrait avoir été au courant des pratiques de financement de la campagne de son ancien mentor Edourad Balladur.

Les derniers développements de l'affaire

Les mises en examen de deux proches de Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert pour complicité de recel d'abus de biens sociaux et recel d'abus de biens sociaux par le juge Renaud Van Ruymbeke relancent une nouvelle fois l'affaire.

Qui sont Nicolas Bazire et Thierry Gaubert ? Par Sara Ghibaudo

Nicolas Sarkzoy qui était à New-York n'a pas caché sa colère aux journalistes qui l'accompagnaient. Il a également publié un communiqué pour dire que son nom n'apparaissait pas dans le dossier. Ce qui a eu pour effet de provoquer une autre colère, celle des syndicats de magistrats qui soupçonnent l'exécutif d'avoir un accès direct à ce dossier.

Fabrice Arfi, auteur du livre "Le contrat, l'affaire que Sarkozy voudrait oublier"

L'affaire Karachi vue de New York par Olivier Bost

Les derniers développements de cette affaire vont également dans ce sens. D'après le quotidien Le Monde, Brice Hortefeux aurait téléphoné il y a quelques jours à Thierry Gaubert, un des deux mis en examen pour le prévenir que ça commençait à sentir le roussi. Il lui aurait dit "elle balance beaucoup Hélène", autrement dit, sa femme qui a parlé au juge de valises de billets. L'épouse de Thierry Gaubert a en effet affirmé devant les enquêteurs que son mari avait accompagné l'intermédiaire Ziad Takieddine en Suisse pour aller y chercher des valises de billets.

Les précisions de Sara Ghibaudo sur les révélations d'Hélène Gaubert

Autre élément troublant : le même Brice Hortefeux a parlé avec Thierry Gaubert pendant sa garde à vue. L'ancien ministre de l'Intérieur le reconnaît et se défend en affirmant qu'il ne savait pas qu'il était en garde à vue. Il demande à être entendu par la justice et menace de porter plainte pour diffamation après les accusations de violation du secret de l'instruction le visant dans l'affaire de Karachi.

Le 26 septembre, les familles de victimes de l'attentat ont déposé une plainte contre Brice Hortefeux. Elles accusent l'ancien ministre de "subordination de témoin, entrave au déroulement des investigations et violation du secret de l'instruction".

Le lendemain, Brice Hortefeux a répliqué en attaquant maître Olibier Morice, l'avocat des familles, pour diffamation.

Brice Hortefeux dans la tourmente, par Sara Ghibaudo :

D'autre part, la fille de Thierry Gaubert, Nastasia Gaubert, a été placée sur écoute. Le 19 juillet, elle a révélé une situation familiale plus que troublante à un de ses amis, David. Les propos ont été retranscrits dans le Monde.

Les différents volets de l'affaire

L'analyse des contrats passés entre le ministère de la Défense, ses intermédiaires et les gouvernements pakistanais et saoudiens, le contrat Agosta, les négligeances des gouvernements qui auraient été alertés des menaces que subissaient les employés français de la Direction des constructions navales, les mystères et les zones d'ombre qui entourent l'attentat, les rapports entre Ziad Takieddine, un des intermédiaires et les membres de la Sarkozie, ont été analysée depuis plusieurs années par la rédaction de France inter.

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