Le CNSR a présenté ce matin ses premières recommandations. Pas de révolution en perspective mais deux propositions principales : que les éthylotests deviennent réellement obligatoires, et la fin programmée des panneaux signalant les radars fixes.

Le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) recommande ainsi "la détention d'un éthylotest", dans les voitures, mais aussi pour les conducteurs de cyclomoteurs.

Selon le président du CNSR, Armand Jung: "l'absence de sanction incitera à utiliser l'éthylotest déjà acquis par de nombreux Français". "Il n'y a pas d'obligation de les avoir avec eux tant que le produit ne sera pas sûr. Il y a des erreurs possibles, aux alentours de 4%, comme des couleurs qui ne sont pas toujours très lisibles.

Pas de sanction financière donc, mais selon Armand Jung du CNSR:

Nous proposons de rester au stade de la recommendation

Ethylotests fabriqués par la société Contralco
Ethylotests fabriqués par la société Contralco © Maxppp

Ce devait être l'une des priorités de ce Conseil National de la Sécurité Routière, en sommeil depuis 2008 et relancé fin novembre par Manuel Valls : la lutte contre l'alcool au volant. Une lutte pas franchement efficace pour le moment, le CNSR le reconnait bien volontiers. Il doute notamment de l'efficacité des éthylotests, sensés être obligatoires depuis le 1er juillet 2012...

Mais pour l'instant, aucune contravention n'est prévue. Le Conseil demande de poursuivre cette "période pédagogique" sans sanction.

Il demande également des contrôles obligatoires à la sortie des bars et des boîtes de nuit, et un nouveau taux maxial d'alcoolémie, fixé à 0,2 grammes pour les détenteurs d'un permis probatoire, jeunes conducteurs en tête.

Les explications de Yann Gallic.

Avec un accident mortel sur trois, l'alcool est la première cause de mortalité sur les routes, selon la Sécurité routière. D'ailleurs en 2011, plus de 1.000 personnes (sur 3.963 tués) ont perdu la vie dans des accidents générés par une vitesse inadaptée.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls veut passer sous la barre des 2.000 morts par an d'ici 2020. Mais attend les conclusions du CNSR sur la question des éthylotests, pour être certain de leur efficacité.

Pas sûr que ces conclusions l'aident vraiment à prendre une décision... Explications avec Philippe Randé.

Marche arrière sur les panneaux signalant les radars fixes

C'est l'autre grand thème abordé aujourd'hui par le CNSR : la disparition programmée des panneaux prévenant les automobilistes de la présence d'un radar fixe sur leur route. Une disparition qui pourrait disparaître elle aussi des radars, puisque le CNSR devrait plaider en faveur de leur retour. Une partie des panneaux avaient été retirés, et parfois remplacés par des radars pédagogiques, indiquant la vitesse sans "flasher" les conducteurs.

Évidemment, le retour de ces panneaux poserait à nouveau la question des avertisseurs de radars, eux aussi interdits.

Le retrait de ces panneaux avait été décidé par l'ancien gouvernement. Leur retour poserait toutefois des questions sur l'interdiction des avertisseurs de radars automatiques embarqués.

Le Conseil est composée de 52 membres (élus, associations, entreprises et administrations). Ses recommandations seront ensuite soumises, d'ici quelques mois, au Comité interministériel de la Sécurité routière (CISR). Le CNSR avait été créé en 2001 pour être un lieu de débats et une instance de conseil pour le gouvernement, avant d'être petit à petit mis en sommeil.

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