Le parti communiste chinois est divisé en trois factions aux intérêts divergents : le parti des princes représente les héritiers des fondateurs du Parti communiste chinois, les Shanghaïens sont tournés vers l'économie de marché et représente la frange la plus élitiste et, à l'opposé, la Ligue de la jeunesse communiste défend les intérêts des classes les plus populaires. La bataille entre les parrains et les étoiles montantes de chacun de ces factions rythment les discussions pour déterminer le nouveau visage du PCC pour les dix années à venir. Actuellement, les héritiers et les anciens dirigeants de la Ligue de la jeunesse communiste se partagent le pouvoir. Les prochains dirigeants de la "cinquième génération" ont été désignés afin de maintenir cet équilibre et éviter ainsi un retour des Shanghaïens de l'ancien président Jang Zemin. Le président Hu jintao, membre de la ligue de la jeunesse communiste laisse ainsi la place à un "héritier", Xi jinping.

"Le parti des princes" : les héritiers

Les membres du parti des princes sont appelés les "fils de hauts dignitaires". Leurs parents appartenaient au comité central avant la révolution culturelle (entre 1966 et 1968) ou étaient des hauts-dignitaires de l'Etat ou du parti communiste. Ils se présentent comme les gardiens de l'héritage communiste et estiment avoir la légitimité pour diriger le pays.

Xi Jinping, le nouveau président ou encore Bo Xilai, le nouveau symbole de la corruption du régime appartiennent au "parti des princes". Leurs parents ont participé à la création de la République populaire de Chine.

Les membres du "parti des princes" sont aussi appelés les "princes rouges" ou "les rouges de deuxième génération". Dans la dernière décennie, cette génération née dans les années 1950 a été promue à plusieurs postes importants : gouverneur de province, maire de grande ville ou encore responsable de grandes entreprises. Les "princes rouges" sont de plus en plus influents dans les milieux économiques et politiques mais ils n'ont pas tous la même conception de la politique à appliquer.

Contrairement à leurs parents qui exerçaient un rôle essentiellement politique, les héritiers créent des Thinks tanks influents et s'impliquent dans le commerce international.

Les Shanghaïens

Les Shanghaïens réprésentent la frange la plus élitiste du pouvoir chinois. Au pouvoir pendant dix ans entre 1993 et 2003 avec Jiang Zemin qui dirige toujours le clan, ils défendent l'économie de marché et favorisent les régions les plus riches. L'influence des "Shanghaïens" n'a cessé de diminuer depuis l'arrivée au pouvoir du Hu Jintao. Pendant son premier mandat, le président a dû composer avec une majorité de Shanghaïens (environ 2/3) parmi les permanents du bureau politique. Lors de son second mandat, il a réduit ceux qu'il considère comme des opposants à un tiers des membres.

Les Shanghaïens vivent sous l'autorité chancelante de l'ancien président Jang Zemin âgé de 85 ans et de son second Zeng Qirong, grand rival de Hu Jintao. La succession semble pourtant assurée : Zhu Rongji, Premier ministre entre 1998 et 2003, est apprécié de nombreux Chinois. Sa politique de transition vers l'économie de marché et son refus de dévaluer le yuan malgré les pressions du FMI pendant la crise asiatique de la fin des années 1990 lui permettent de jouer un rôle important dans les prochaines mandatures.

Les anciens dirigeants de la Ligue de la jeunesse communiste

Les fils de hauts-dignitaires et les shanghaïens s'opposent aux membres de la Ligue de la jeunesse communiste dirigée par la président Hu Jintao. La Ligue de la jeunesse communiste est composée de cadres issus de familles modestes et représentent encore la faction la plus puissante du parti. L'organisation de la Ligue est très hiérarchique : c'est un système de parrainage qui permet aux membres de la base d'accéder aux responsabilités. Ils sont sensibles aux problèmes des régions les moins développées et du monde rural et sont assez critiques à l'égard des héritiers.

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