C’est la première fois que le public mexicain découvre son visage.

C’est le 9 décembre 2005, l'arrestation de Florence Cassez est retransmise en direct à la télévision. Elle est accusée d’avoir, avec son ami Israel Vallarta, sequestré trois personnes que la police retrouve dans le ranch où la jeune femme habite.

En réalité elle a été arrêtée la veille, et son arrestation devant les caméras de télévision a été mise en scène.

Florence Cassez en apporte la preuve un an plus tard. Au téléphone, depuis la prison, elle s’adresse directement au chef de la police, Génaro Garcia Luna, invité à la télévision. Garcia Luna est aujourd'hui Ministre de l'Intérieur, le bras droit du président Calderon.

C'est ce jour-là, dit un proche du dossier, que Florence Cassez devient une obsession pour le pouvoir mexicain.

« Je suis debout parce que la rage me fait tenir »

Malgré les incohérences du dossier, malgré des témoins fluctuants, elle est condamnée par trois cours différentes. En appel, la peine est confirmée : soixante ans de prison.

Et en février dernier, après cinq ans de prison, son espoir de nouveau procès s'écroule : le pourvoi en cassation est rejeté.

Florence Cassez jointe en prison par Charlotte Piret, le 11 février 2011

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Une affaire d’état

Dans la foulée, l'affaire Cassez devient une affaire d'état. Les codes du monde feutré de la diplomatie volent en éclats et le moyen de pression imaginé par la France n’est pas économique… il est « culturel »

Nicolas Sarkozy, le 14 février 2011

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La réponse de l'ambassadeur du Mexique en France est « diplomatique » mais laisse entendre que Mexico ne pourra pas tolérer la situation.

L'ambassadeur du Mexique à Paris, Carlos de Icaza

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La France fait quelques jours après une mise au point qui ressemble à une marche arrière. Le Président de la République explique alors qu’il ne faut pas confondre les dirigeants mexicains et leur peuple et qu’il faut maintenir l’année du Mexique, mais la dédier à Florence Cassez.

Nicolas Sarkozy

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Le Mexique annule sa participation aux manifestations. Dans la presse mexicaine, le dossier judiciaire est écrasé par ce que les journaux appellent « l'arrogance française ». La France parle d'intransigeance mexicaine.

Alors que beaucoup prônent la discrétion dans ce dossier, l'avocat mexicain de Florence Cassez estime que cette prise de position du pouvoir politique français n'a pas été un inconvénient.

Augustin Acosta

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Florence Cassez
Florence Cassez © Reuters / Stringer Mexico
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