Charles De Gaulle

Le général Charles de Gaulle (22 novembre 1890 - 9 novembre 1970) connaît au début des troubles en Algérie une « traversée du désert ». Il se retire à Colombey-les-Deux-Églises, rédige ses Mémoires de guerre .Le 13 mai 1958, des Français partisans de l’Algérie française se soulèvent à Alger et forment un comité de salut public, appelant de Gaulle à revenir au pouvoir. Charles de Gaulle accepte de former un gouvernement, qui est investi par l'Assemblée nationale le 1er juin. Il demande les pleins pouvoirs pour une durée de six mois et engage une révision de la Constitution (référendum du 28 septembre 1958 adopté avec 79,2 % de « oui »). Puis, il se rend en Algérie du 3 au 7 juin 1958.

Charles De Gaulle
Charles De Gaulle © Radio France

Il mécontente les partisans de l’Algérie française et annonçant dans son plan de Constantine (octobre 1958) des réformes économiques et sociales favorisant l’assimilation des Musulmans, en avançant l’idée de l’autodétermination de l’Algérie (septembre 1959), puis en parlant « d’Algérie algérienne » (juin 1960). Lors du référendum du 8 janvier 1961, 75% des Français se prononcent en faveur de l’autodétermination. Les partisans de l’Algérie française tentent de prendre le pouvoir à Alger (putsch des généraux, 22 avril 1961) et se regroupent dans l’OAS qui multiplient les attentats contre de Gaulle (8 septembre 1961 à Pont-sur-Seine) et les Musulmans.

Les accords d’Evian et la proclamation de l’indépendance de l’Algérie (3 juillet 1962) marquent le début d’épisodes tragiques avec notamment le terrorisme de l’OAS (l’attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle le 5 juillet 1962), le départ d’Algérie de centaines de milliers d’Européens et de harkis menacés par le FLN.

Pierre Mendès France

Pierre Mendès France
Pierre Mendès France © Radio France

Président du Conseil du 19 juin 1954 au 23 février 1955, Pierre Mendès-France signe les accords de Genève, mettant fin à la guerre française en Indochine (21 juillet 1954)et accorde l’autonomie interne à la Tunisie (« Le coup de Carthage » le 31 juillet 1954).Partisan d’un colonialisme humaniste , Pierre Mendès-France suit une ligne qu’il définit ainsi lors du débat à l’Assemblée Nationale du 10 août 1954 :

La politique du gouvernement consiste à sauvegarder les intérêts et les amitiés de la France, à maintenir ses traditions de générosité et de progrès, à unir à elle les populations par des liens bien plus solides que les formes anachroniques d’une sujétion coloniale

Lorsque surviennent les attentats organisés par le FLN en Algérie, le 1er novembre 1954, « La Toussaint rouge », Pierre Mendès-France réagit fermement en envoyant des renforts sur le sol algérien tout en impulsant des réformes libérales visant à intégrer la population musulmane. Dès lors, Pierre Mendès-France se heurte à l’opposition de la plupart des groupes politiques. Les 5 et 6 février 1955, le gouvernement Mendès-France est renversé par l'Assemblée nationale, à l'issue d'un débat sur la politique conduite en Afrique du Nord, par une majorité de 319 voix contre 273.En février 1956, Mendès-France rejoint le cabinet du socialiste Guy Mollet, comme ministre d’Etat (sans portefeuille), mais la guerre d’Algérie divise les deux hommes, G.Mollet déployant le tryptique « cessez-le-feu, élections, négociations », Mendès-France préconisant plutôt des réformes politiques et sociales. Mendès-France n’étant pas entendu, il démissionne le 23 mai 1956. Redevenu député, il vote contre l’investiture du général de Gaulle en juin 1958, reprochant à ce dernier de ne pas avoir désavoué l’insurrection d’Alger, le 13 mai 1958.

François Mitterrand

François Mitterrand
François Mitterrand © Radio France

François Mitterrand est né le 26 octobre 1916 à Jarnac et meurt à Paris le 8 janvier 1996.

Il est ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Pierre Mendès France à partir du 18 juin 1954. L’insurrection lancée par le FLN éclate le 1er novembre 1954, il envoie immédiatement tous les renforts policiers dont il dispose. A sa demande, son chef de cabinet, Pierre Nicolaÿ fait le déplacement à Alger. Le 5 novembre, il décide de la dissolution du MTLD, parti nationaliste algérien. A l’Assemblée nationale, il déclare le 12 novembre :

L’Algérie, c’est la France.

Le 25 janvier 1955,il prône un recours à la force associé à un programme de réformes . Il tente de réformer la police algérienne en appelant en métropole ses éléments les plus durs. Il quitte le gouvernement le 5 février 1955 à la chute du cabinet Mendès France. Un an plus tard, il prend les fonctions de ministre de la Justice dans le gouvernement de Guy Mollet le 2 février 1956. En mars 1956, il assume une loi autorisant une justice expéditive, qui se traduit par plus de 1500 condamnations à mort sur la période des « événements ». Le 19 juin, les deux premiers rebelles sont exécutés. Il aura donné un avis favorable à l’exécution de 38 peines capitales en 16 mois. 25 ans plus tard, il abolira la peine de mort. Il perd son poste ministériel le 21 mai 1957 à la chute du gouvernement de Guy Mollet et sera écarté par les gouvernements suivants pour ses idées trop libérales sur le dossier algérien. Il refuse de se rallier au Général de Gaulle en 1958.

Guy Mollet

Guy Mollet
Guy Mollet © Radio France

Membre de la SFIO depuis 1923, Guy Mollet anime une coalition de centre-gauche, le « Front Républicain » formée avec Pierre Mendès-France, Jacques Chaban-Delmas et François Mitterrand, qui obtient une courte majorité aux élections législatives du 2 janvier 1956.Avec un programme axé prioritairement sur la pacification en Algérie « une guerre imbécile et sans issue », et le projet d’une « Eurafrique » (communauté fédérale à construire entre la France et ses colonies), Guy Mollet est officiellement nommé président du Conseil par René Coty, le 1er février 1956 et se rend à Alger le 6 février 1956 pour y installer le nouveau gouverneur général, le général Catroux, partisan d’une politique libérale en Algérie.Mais Guy Mollet, accueilli à coups de projectiles, le 6 février 1956 à Alger, par les partisans de l’Algérie française, décide de remplacer le général Catroux par le socialiste Robert Lacoste.Le gouvernement de Guy Mollet va alors changer radicalement de politique et de méthodes, lorsqu’il obtient du Parlement les « pouvoirs spéciaux » le 16 mars 1956. Procédant à l’envoi massif de réservistes en Algérie afin de « pacifier le pays et de maintenir l’ordre », il autorise également la délégation des pouvoirs civils à des généraux afin d’écraser la rébellion (Bataille d’Alger le 7 janvier 1957 menée par le Général Massu). Outre les arrestations de leaders nationalistes, l’armée française propage le racisme colonial en pratiquant des exécutions sommaires, des tortures, des arrestations dans des centres de « triage », pratiques couvertes par le gouvernement.Symbole du «totalitarisme mou », selon les mots de l’historien Pierre Vidal-Naquet, Guy Mollet quitte la présidence du Conseil le 23 mai 1957, et sera l’artisan du retour au pouvoir du Général de Gaulle en 1958.

Jacques Soustelle

Jacques Soustelle
Jacques Soustelle © Radio France

Jacques Soustelle est né le 3 février 1912 à Montpellier. Il est nommé gouverneur général de l’Algérie par Pierre Mendès France en janvier 1955. Suite à l’enlisement de la « guerre sans nom », il adopte au cours de l’année le parti de la répression et de l’Algérie française. Il quitte Alger en janvier 1956 suite à la victoire du Front républicain. Il s’engage alors en faveur d’un retour au pouvoir du Général de Gaulle et en appelle à un gouvernement de « salut public ». Il entre dans le premier gouvernement de la Vème République en juillet 1958 avec les portefeuilles de l’Outre-mer, du Sahara et du nucléaire civil. Il s’oppose à la politique algérienne et rompt avec le gouvernement lors de la « Semaine des barricades » en janvier 1960. Il s’exile en Italie en 1961 peu après le putsch des généraux en avril 1961. Il est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’Etat le 22 septembre 1962. Il rentre en France en octobre 1968 suite à la loi d’amnistie générale de juin 1968. Il meurt en 1990.

Robert Lacoste

Robert Lacoste
Robert Lacoste © Radio France

Résistant de la première heure au sein du mouvement Libération, il devient délégué du général de Gaulle pour la France occupée puis membre du Gouvernement provisoire de la République française. Elu député SFIO en 1946, plusieurs fois ministre jusqu’en 1950, il est nommé ministre-résident en Algérie en février 1956. Partisan de l’Algérie française, mais aussi de l'égalité de culture et de droits pour les musulmans, il mécontente à la fois les « ultras » pieds-noirs par ses tentatives de réformes et les partisans de l’indépendance. Il couvre l’enlèvement d’Ahmed Ben Bella en 1956 et fait donner tous les pouvoirs à l’armée en 1957 lorsque s’engage la bataille d’Alger. En février 1958, il assume la responsabilité du bombardement de Sakhiet Sidi Youssef, en Tunisie, qui fait 62 morts et 130 blessés. Mais parallèlement, il se bat pour faire adopter la loi-cadre qui doit doter l’Algérie d’institutions permettant de réaliser cette égalité de droits à laquelle il croit. Critiqué à la fois par les « ultras » et par l’armée, il quitte l’Algérie le 8 mai 1958, tandis que les troubles augmentent à Alger . De retour à l'Assemblée, il soutient l'investiture de de Gaulle mais restera un ferme partisan de l'Algérie française.

Ahmed Ben Bella

Ahmed Ben Bella
Ahmed Ben Bella © Radio France

Ahmed Ben Bella, fils de paysans, est né le 25 décembre 1916, à Maghnia dans l’Oranie. Il est l’une des grandes figures de l’histoire algérienne. Il fait ses études à Tlemcen. Lors de la seconde guerre mondiale, il participe à la campagne d’Italie et est décoré par le général de Gaulle de la Médaille militaire. Suite aux événements de Sétif, en mai 1945, il rejoint le Mouvement pour le triomphe des Libertés démocratiques. En 1948, il devient membre de l’état-major de l’OS (organisation paramilitaire clandestine). Après l’attaque de la poste d’Oran en 1949, il est arrêté et emprisonné à Blida. Il s’évade le 16 mars 1952 et part pour la France puis pour le Caire. Il crée avec huit autres chefs historiques le « Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action » et prépare l’insurrection algérienne du 1er novembre 1954. Il est le chef du FLN, fortement soutenu et influencé par Nasser. Cela lui vaut des oppositions fortes au sein de son parti. Le 22 octobre 1956, son avion est intercepté par l’aviation française au-dessous d’Alger. Il est arrêté avec ses compagnons du FLN et emprisonné à Paris, puis sur l’île d’Aix. Lors de sa détention il maintient des contacts avec le FLN. Il est nommé vice-président du GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne). Il est remis en liberté le 18 mars 1962, après les accords d’Evian. Il regagne le Caire, puis le Maroc et arrive en Algérie le 11 juillet 1962 à Tlemcen. Il entre en désaccord avec le GPRA. L’Assemblée Constituante est élu en septembre. Il préside le gouvernement et est élu président de la République algérienne démocratique et populaire le 15 septembre 1963, à l’âge de 47 ans.Dès le 18 septembre il forme un gouvernement et nomme Abdelaziz Bouteflika chef de la diplomatie et Houari Boumediene ministre de la Défense. Le 28 août 1963, il instaure le système de parti unique. Le 19 juin 1965, il est renversé par Boumediene, emprisonné et assigné à résidence jusqu’à sa libération en 1980. Il retourne en Algérie en 1990 et fonde le MDA (Mouvement pour la Démocratie en Algérie), formation ou cohabite nationalisme et islamisme. Ce parti ne connaître pas le succès espéré.

Messali Hadj

Ferhat Abbas

Général Georges Catroux

Général Jacques Massu

Général Raoul Salan

Raoul Salan
Raoul Salan © Radio France

Le général Raoul Salan (10 juin 1899 – 3 juillet 1984) est nommé commandant supérieur Interarmées de la 10e région militaire à Alger le 12 novembre 1956. Le 16 janvier 1957, il est visé par un attentat organisé par l’ORAF (Organisation de la résistance de l’Algérie française). Lors de la crise de mai 58, il donne son accord au général Massu pour la constitution d’un Comité de Salut public et se met en contact avec de Gaulle qui le nomme délégué général du gouvernement en Algérie. Remplacé par Challe, il devient gouverneur militaire de Paris (1959). Partisan de l'Algérie française, interdit de séjour en France, il multiplie les déclarations hostiles à toute négociation . Faisant partie des organisateurs du putsch des généraux (21-26 avril 1961), il se réfugie en Espagne, où il fonde l'OAS . Condamné à mort par contumace, le 11 juillet 1961, il est arrêté à Alger, 20 avril 1962. Sa peine est commuée en détention à vie, 23 mai 1962, puis est amnistié en 1968 avant d’être réhabilité en novembre 1982.

Général Maurice Challe

Maurice Challe
Maurice Challe © Radio France

Le général Maurice Challe (5 septembre 1905 – 18 janvier 1979) remplace à la fin de 1958 le général Salan comme commandant en chef interarmées en Algérie et met en place le "plan Challe" visant à une reconquête du territoire contre les rebelles . Après la semaine des barricades (janvier 60), de Gaulle qui veut l'éloigner, le nomme au mois de mai de la même année commandant en chef du secteur Centre-Europe de l'OTAN à Fontainebleau. Il quitte sa fonction en janvier 1961 en demandant sa mise à la retraite.Il se rapproche des opposants à la politique algérienne du chef de l'Etat et accepte de diriger le putsch du 22 avril 1961. Après l'échec, il se rend le 26 avril et est condamné à quinze ans de réclusion criminelle. Incarcéré à Tulle, il sera gracié le 23 décembre 1966 et amnistié en 1968.

Louis Joxe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.