En France, 10 000 à 11 000 personnes mettent fin à leurs jours. Et si 1 personne sur 5 a déjà songé à le faire, c'est bien plus que chez nos voisins directs, révèle une étude.

Un sondage révèle que les Français sont plus exposés aux pensées suicidaires que leurs voisins européens.
Un sondage révèle que les Français sont plus exposés aux pensées suicidaires que leurs voisins européens. © AFP / JEAN-PIERRE MULLER

Une étude de février 2016 nous l'indiquait déjà : 20% des Français ont déjà eu des pensées suicidaires. A l’occasion de la 15e Journée mondiale de prévention du suicide, le sondage Ifop-Fondation Jean Jaurès élargit son champ à nos voisins les plus proches, et le constat est accablant : la France ressort en tête sur ce terrain, devant l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie.

Et, de toute évidence, la situation ne s'est pas améliorée en seize ans. Depuis 2000, en effet, à la question "Vous-même, avez-vous déjà envisagé sérieusement de vous suicider ?", les personnes interrogées dans l'Hexagone répondent de plus en plus fréquemment y avoir "pensé sérieusement".

Or aujourd'hui dans l'entreprise, le problème semble largement sous-estimé. Le reportage de Marion L'Hour :

"Un échec collectif"

Pour Marisol Touraine, ministre de la Santé, le suicide, "C’est une société qui s’interroge (...) sur sa part de responsabilité".

Le suicide est peut-être l’acte individuel le plus absolu, mais il est aussi révélateur d’un échec collectif.

Parmi les facteurs associés à la volonté sérieuse d'en finir avec la vie, le sondage révèle que le sexe, l’âge, le statut professionnel, le niveau de diplôme et, à un degré moindre, la religion sont des éléments importants. En France, les moins de 35 ans sont davantage exposés que leurs aînés, de même que les moins diplômés. Dans une certaine mesure, la religion préserve des pensées suicidaires, également.

Le sondage révèle en particulier que le chômage et conditions de travail dégradées favorisent les pensées suicidaires des actifs.

Mais c'est bien en France (et de loin) que les facteurs de stress au travail pèsent le plus lourd. Près de deux actifs Français sur cinq déclarant un état anxiogène au travail disent avoir déjà eu de réelles pensées suicidaires : environ 35%, contre 20% en moyenne dans la population générale, ce chiffre variant entre 16% et 26% chez nos voisins.

Une situation particulière, quand on sait que l'Espagne, accablée par la crise économique depuis 2008, révèle des facteurs de stress au travail plus marqués qu'en France.

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