Depuis dix ans, les autorités iraniennes annonçent l'arrivée prochaine d'un internet dit "propre" ou "hallal" destiné à supplanter le www (World Wide Web) sur le territoire iranien. Le réseau est désormais opérationnel.

Cet Internet national fonctionne pour le moment uniquement pour les administrations. Dans un second temps, le régime des Ayatollahs devrait généraliser le réseau à tous les internautes iraniens. L'initiative vise sans aucun doute à contrôler les contenus en ligne qui devraient être filtrés en fonction de critères établis par le régime. Elle permettrait aussi un contrôle plus poussé des internautes. En juin 2009, les manifestants iraniens contre la réélection du président Ahmadinejad avaient largement utilisés Twitter, Facebook et Youtube pour organiser les rassemblements et diffuser les images de la répression qu'ils subissaient. L'Iran avait ensuite subi des attaques virales sur ses installations nucléaires. La mise en place d'un internet national permettrait que ces situations ne puissent se reproduire.

Or, l'Iran ne peut pas complètement se couper du monde. Le régime d'Ali Khamenei a besoin du World Wide Web afin d'effectuer des transactions financières. L'idée d'un Internet national cohabitant avec l'Internet mondial fait son chemin. Le régime permettrait l'accès aux deux réseaux mais pourraient couper le www public en cas de crise sans pour autant imposer une coupure générale. Cette solution permettrait de censurer la population sans nuire au bon fonctionnement de l'économie du pays.

Le projet d'internet iranien est accompagné de plusieurs mesures qui permettent aux autorités de prendre progressivement le contrôle sur les communications du pays. Plusieurs serveurs de sites officiels physiquement situés à l'étranger ont été rapatriés en Iran. Le site du parlement iranien était par exemple hébergé aux Etats-Unis jusqu'à l'année dernière.

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Le serveur mail iranien © Radio France
D'autre part, le régime a mis en place une plateforme de courriel qui permet aux internautes de recevoir leurs mails sur une boîte 100% iranienne. Seul hic : pour obtenir une adresse, il faut remplir un formulaire et indiquer son nom, son prénom, son adresse, son numéro de téléphone et... son numéro de carte d'identité. Cette initiative permet d'établir une liste des internautes et ainsi de se prémunir contre toute tentative de dissimulation de l'identité devenue une pratique courante dans les pays où Internet est surveillé.

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